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Big Data, un futur de données où « tout reste à inventer »

Le Big Data est partout, sur les blogs, dans les journaux, c’est la grande thématique du moment.
En amont du #meetPSAexperts du 3 décembre 2014 « Big Data : Imaginez un futur de données », j’ai rencontré Jean-Pierre Dumoulin, Expert exploitation et infrastructure des Systèmes d’Information, pour lui poser quelques questions sur le Big Data et ce qu’il va changer dans notre vie.

Comment définissez-vous le Big Data ?

Jean-Pierre DUMOULIN : Le Big Data pour moi se compose de deux éléments. Tout d’abord, il y a l’ensemble des technologies qui permet de capturer, collecter et stocker de très grands volumes de données pour des coûts accessibles. Il y a également l’outillage qui permet de structurer, d’analyser et d’appliquer des modèles mathématiques sur ces données avec pour but de pour créer de la valeur pour l’entreprise et ses clients.
Pour illustrer ce concept, prenez Google translate (NDLR : le fameux outil de traduction du géant de Mountain View) : contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas un outil basé sur des grands dictionnaires et de l’intelligence artificielle. Il est totalement basé sur du Big Data ! Google a aspiré des traductions accessibles sur internet à travers le monde et y a appliqué des modèles statistiques qui permettent de prévoir la meilleure traduction d’un mot, en fonction d’un contexte, d’une langue à l’autre. Ce système permet de traduire dans un très grand nombre de langues, mais surtout il s’améliore en continu au fur et à mesure qu’il se nourrit de traductions et de corrections. Le Big Data c’est donc la capacité à aspirer de gros volumes de données pour en faire quelque chose d’intelligent. Cela nécessite certes de l’outillage informatique et mathématique, mais aussi des compétences humaines, dont le data scientist est garant. 

Quelles sont ses applications pour un constructeur ? 

JPD : De mon point de vue, il existe quatre axes d’utilisation du Big Data pour une entreprise :
•    Créer de la valeur avec des données qui existent dans l’entreprise : exploiter les bases de données structurées (environ 10%) mais aussi des données non-structurées (90%) qu’on va réussir à utiliser pour prendre des décisions éclairées en se basant sur des données plus fiables et exhaustives. À titre d’exemple, en cybersécurité, le Big Data est une réponse.  En utilisant les data collectées sur les équipements informatiques, on découvre des anomalies et donc des failles. Si un employé est connecté à la foi en France et en Inde c’est qu’il y a un problème !
•    Améliorer la relation client : avec le système d’étude actuel, lorsqu’on interroge un client on a uniquement les réponses aux questions qui lui ont été posées. Avec le Big Data, on peut récolter toutes les informations publiques en ligne (par exemple sur les réseaux sociaux) sur ce qui se dit d’une marque.  De la masse de données en ligne se dégagent des tendances qui permettent de mieux répondre aux attentes clients
•    Améliorer les produits : grâce aux capteurs dans les moteurs, on peut faire de la maintenance préventive pour anticiper les pannes, mais aussi de mieux comprendre le comportement réel d’un moteur pour adapter sa conception en fonction son l’usage réel. Ainsi, chez Groupe PSA les véhicules d’essais remontent les données des capteurs véhicule pour mieux comprendre l’usage réel fait par les vrais clients (et pas juste par le client imaginé dans le profil de mission). Avec les capteurs véhicules, on peut remonter des données anonymisées en temps réel sur les clients qui ont accepté de nous communiquer leurs données.
•    Imaginer des services liés aux objets connectés : si on prend l’exemple de l’automobile, à travers sa connectivité, la voiture remonte et échange des données. Cela permet de créer de nouvelles prestations. Tout en étant parfaitement éthique, on peut par exemple proposer des services comme des plans de maintenance personnalisé pour les clients, prédire le taux d’usure des pièces, donner des indications sur la conduite, prendre automatiquement un rendez-vous chez le concessionnaire. Le véhicule connecté va être différenciant car il y a 600 millions de voitures sur la planète, c’est un très grand angle de diffusion sur un objet à forte valeur sociale et visibilité. 

Pourquoi est-ce qu’on s’y intéresse chez Groupe PSA ?

JPD : Chez Groupe PSA, une voiture récente c’est 60 capteurs et 4 000 données récupérables. Le réseau informatique relie sans fil toutes les données qui circulent dans la voiture. Ce réseau est maintenant connecté à l’extérieur, ce qui va permettre d’inventer de nouveaux services et de nouvelles prestations  pour les clients. Notre préoccupation majeure est l’éthique. Nous ne collectons jamais de données à l’insu du client : si la donnée est anonyme (comme la température moteur) alors elle est accessible, mais s’il y a un moyen de retracer la donnée jusqu’au client, elle est privée. 

Imaginez un futur de données : en 2020, les révolutions dues au Big Data seront… 

JPD : Je pense que les révolutions dues au Big Data seront :
•    La transformation du business model de nombreuses entreprises. La donnée est le prochain or noir ! Avec toutes les technologies Big Data, les entreprises qui sauront en tirer parti seront bien plus compétentes en ce qui concerne leurs performances internes et la connaissance de leurs clients. Par exemple, Amazon a  beaucoup plus d’informations sur ses clients que n’importe quelle entreprise au monde et a une incroyable base qualifiée de clients à l’international. Si demain Amazon décide de vendre des assurances, l’entreprise pourrait « désintermédier ». Amazon pourrait calculer le risque facilement en recoupant les informations et toucher des clients qui lui font confiance. Le Big Data sera un vrai facteur différenciant de compétitivité. 
•    L’invention de nouveaux services incroyables : avec des milliards de capteurs, on pourra créer de nouveaux services ! Les GPS actuels sont basés sur des cartes mises à jour. Demain on utilisera tous les capteurs des objets connectés pour mettre à jour les cartes en temps réel. 
•    Tout reste à inventer, la technique s’améliore chaque jour. « Watson » d’IBM permet par exemple de faire du diagnostic médical automatique. A nous d’inventer les bons usages pour aller vers du mieux et pas du moins bien !

 

Le sujet vous intéresse ? Rejoignez-nous le 3 décembre à partir de 18h30 sur le compte Twitter @inmvt et envoyez-nous vos questions avez le hastag #meetPSAexperts !

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