Powered By

Mythe(s) et réalité(s) du cloud

Avant de commencer, petite définition…

En trois mots, le « cloud », c’est l’idée de profiter d’Internet pour héberger à distance des applications informatiques. Le secret pour la réduction de coût ? L’effet de volume à l’échelle de la planète entière. Les vendeurs nous présentent le « cloud » comme un service qui change radicalement notre relation aux infrastructures informatiques : j’achèterai une solution informatique comme mon électricité ! Ces vendeurs avancent même une division des coûts par 5 pour les entreprises : ça vaut le coût de se pencher sur la question !

 

Mythe 1 : le cloud, c’est gratuit et aussi bien qu’un serveur que je payais avant

Nul doute qu’Internet a changé nos vies : nous avons accès facilement et gratuitement (ou presque) à des services toujours plus nombreux. Et cela, grâce à des acteurs reconnus du cloud public : Google, Yahoo, Microsoft ou encore Facebook pour ne citer que les plus connus. Les acteurs du cloud public sont intéressants pour ceux qui montent leur (petite) entreprise : aucun intérêt à investir dans mes propres infrastructures, alors que je peux bénéficier de solutions disponibles mondialement !

La réalité : le cloud, c’est (presque) gratuit et c’est aussi bien qu’un serveur payant, pour les petites entreprises !

 

Mythe 2 : dans un avenir proche, toutes les données des entreprises seront hébergées sur Internet.

Le « cloud » est-il une bonne affaire pour les grandes entreprises ? Plusieurs questions à se poser avant de répondre : gagnons-nous en qualité et en coût ? Quid de la sécurité de l’information ?

Le cloud, tel qu’il est aujourd’hui, repose sur les standards de l’Internet grand public : réseau financé par les subventions publiques, les opérateurs télécom, la publicité, etc. Rajoutons à cela des outils de développement imposés et standardisés et nous voyons bien que nous sommes très loin des solutions hyper personnalisées que l’on trouve dans les entreprises aujourd’hui. Mais tout cela va évoluer dans les quelques années à venir : la personnalisation des services et la sécurité ne seront pas les points de blocage pour une grande entreprise.

En revanche, il est un point majeur rarement évoqué dans toutes les discussions sur le cloud : les grandes entreprises ont une histoire, des applications informatiques développées sur de multiples technologies au cours des cinquante dernières années. Et ces technologies sont pour bon nombre parfaitement incompatibles avec les contraintes de standardisation imposées par les fournisseurs ! Aujourd’hui, c’est 95% du parc applicatif qui ne peut pas être déplacé sur le cloud. Du coup, si on veut déplacer ces données sur le cloud, il faudrait développer de nouvelles applications : on s’éloigne ici de la réduction de coût par 5 annoncée…

La réalité 1 : le cloud a encore beaucoup de progrès à faire en termes de sécurité et de personnalisation pour convenir aux grandes entreprises.

La réalité 2 : le cloud ne pourra vraiment s’imposer auprès des grandes entreprises que quand il prendra en compte leur histoire.

 

Mon pari : le cloud des entreprises sera le cloud privé & personnalisé

Le cloud privé présente(ra) de nombreux avantages : pas plus cher que le cloud public. Et oui : Internet est le même pour tout le monde ! Et puis les serveurs grands publics sont vendus quasiment sans marge, le prix ne change pas beaucoup qu’on en achète mille ou un million. Cela représente un avantage non négligeable : les entreprises pourront choisir des environnements techniques compatibles avec leur histoire, leurs applications existantes. Une vue de l’esprit ? Non, puisque les entreprises qui ont déjà fait ce pari ont vu réduire les coûts d’infrastructure d’un facteur de l’ordre de cinq.

Les fournisseurs qui construisent des centres informatiques géants arriveront-ils à trouver des clients ? Je reste un peu sceptique, et vous ?

Postez vos commentaires
Parcourir
Image CAPTCHA

3 Commentaires
Jérôme DA SILVA - Ingénieur Banc de Test et mesure - ASSYSTEM France 13/04/2012 11:58 Donner son avis 3
Le "cloud privé" pour un grand groupe n'est en fait qu'une évolution des groupwares déjà en place sur les serveurs internes de ces dites sociétés. L'idée est d'étendre l'offre pour l'instant limité des groupwares (E-mail, FTP, Agenda, gestion de projet,...) aux applications utilisées au quotidien et pour l'instant installées en local sur les postes des utilisateurs (outils bureautiques, outils graphiques, environnements de développement, modeleurs 3D...).
reply to this comment
Parcourir
Image CAPTCHA

Renaud Jean - Commentateur 13/04/2012 15:39 Donner son avis 3
Bonjour, Ah, le Cloud comme buzzword grillé à une vitesse fulgurante par l’abus de son utilisation (mais GreenIT a été brûlé encore plus vite, et Big Data ne passera pas l’hiver prochain à ce rythme-là). La question de la reprise du spécifique, de l’historique, ou de l’histoire technique des entreprises sur ces systèmes hyper-standards (et rentables parce que hyper-standards) et hyper-normalisés (et rentables parce que hyper-normalisés) qui constituent le Cloud reste effectivement posée. Le Cloud public-externe a encore un petit côté Ford T qu’on peut avoir : « en n’importe quelle couleur pourvu que ce soit noir ». Mais la situation actuelle me pose quand même une question : l’IT fonctionne depuis toujours par accumulation : une technique en tue rarement une autre brutalement, mais cohabite avec elle durant plus ou moins longtemps. Le Mainframe cohabite avec les serveurs Unix propriétaires et avec les plates-formes x64. Mais on sait aussi que trop d’accumulation devient ingérable et ruineuse et que des technologies parfois meurent aussi (la mini-informatique est tout de même à peu près morte, les progiciels l’ont emporté sur les développements spécifiques dans de nombreux domaines). Donc, il se produit bien un moment où l’historique devient une dette technologique dont on a envie de se débarrasser. La vague client-serveur a provoqué un intense mouvement de réfection et de réécriture des applications. Le Cloud ne risque-t-il pas de provoquer la même chose ?
reply to this comment
Parcourir
Image CAPTCHA

Calfati 03/05/2012 20:12 Donner son avis 3
Depuis les débuts de l'informatique, on a ce cycle de centralisation / décentralisation des moyens. Mainframe, puis client-serveur, puis Web apps et RIA (Rich Internet Application). Après le Cloud viendra le mélange de Grid Data et Grid, où la puissance et les données seront éparpillées sur l'ensemble des "objets" connectés. L'enjeux pour notre SI est de s'adapter aux besoins en profitant, au plutôt, des avancées technologiques matures. Le Cloud offre une scalabilité intéressante pour les petites et moyennes entreprises, mais nous sommes trop gros pour profiter de ce potentiel, que nous maîtrisons en plus depuis quelques années. (cf centre de calcul, virtualisation,..)
reply to this comment
Parcourir
Image CAPTCHA

Derniers commentaires
Article à la une
Bienvenue sur In Movement
Bienvenue sur In Movement

Bonjour à tous, C’est un moment un peu particulier pour nous puisque c’est le premier post de la première plate-forme d’échange du groupe PSA Peugeot Citroën.

Rejoignez-nous !