Previous Next

La mobilité au féminin : un enjeu pour les villes

woman mobility

Parce qu’elles cumulent souvent déplacements professionnels et familiaux, les femmes sont plus mobiles que les hommes. Pourtant leurs modes de déplacement sont bien souvent contraints.

Selon l’INSEE, 70% des enfants sont emmenés à l’école par leur mère. Si la répartition des tâches dans la sphère familiale évolue, elle reste encore très genrée. Ainsi, selon l’étude « Transports et parité des sexes » de l’OCDE, deux tiers des voyageurs empruntant les transports en commun sont des femmes.

Une mobilité spécifique

Le transport collectif n’est pas toujours adapté aux contraintes horaires et familiales mais il s’impose pour des raisons budgétaires. En effet, comme le souligne un rapport de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’Egalité des Chances, les difficultés en matière de mobilité touchent davantage les personnes précaires et en particulier les femmes. Celles-ci occupent plus d’emplois à temps partiel, privilégient les lieux de travail plus proches de leur domicile pour pouvoir se consacrer à leurs proches, qu’ils s’agissent d’enfants ou de parents âgés. Ce qui explique leur mobilité spécifique caractérisée par des déplacements en dehors des heures de pointe mais plus fréquents et plus courts que ceux des hommes.

Précarité et difficulté d’accès à la voiture

Ce rapport met aussi en exergue l’inégalité d’accès à la voiture entre hommes et femmes. Beaucoup d’entre elles n’ont pas les moyens de posséder leur propre véhicule. Et quand il y a un seul véhicule dans le foyer, c’est généralement l’homme qui l’utilise. Ce moindre accès à la voiture a des conséquences sur l’autonomie et l’intégration sociale et professionnelle des femmes. Ce phénomène est d’autant plus fort en zone rurale, où la voiture individuelle reste le premier mode de déplacement.

Mais la voiture n’est pas forcément la solution adaptée puisque l’investissement, les coûts de fonctionnement et d’entretien sont généralement très élevés. Dans certains quartiers défavorisés, où les femmes représentent 47% du taux d’inactifs, certaines associations privilégient donc l’apprentissage du vélo ou la formation à l’utilisation des engins électriques (trottinette, scooter, vélo…)

Lutter contre l’insécurité

Si les femmes concentrent les deux tiers des usagers des transports en commun, elles sont pourtant davantage concernées par l’insécurité. Ainsi, 100% des « usagères » des transports publics disent avoir déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun. Face à ce phénomène, les autorités publiques et associations tentent d’apporter des solutions. A Bruxelles par exemple, l’association Garance a mis en place des marches exploratoires. Le principe : un groupe de femmes se déplace dans un quartier qu’elle connaît pour y signaler les aménagements urbains possibles afin d’améliorer leur sécurité.

Share this article

There are no comments.

Add a comment

*Mandatory fields