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La participation des citoyens à la mobilité de demain

Les agglomérations font de plus en plus appel à la participation citoyenne pour repenser les transports.

C’est un des enjeux urbains majeurs des années à venir. La mise en œuvre d’une mobilité efficace au sein des métropoles. Se déplacer sans perdre du temps tout en respectant l’environnement relève pour les villes et ses citadins de la gageure. D’autant que les capitales connaissent une pression démographique grandissante, due notamment à la massification du tourisme.

Madrid : vers un mariage harmonieux entre automobilistes, piétons et cyclistes

Poussées par l’urgence, certaines cités ont décidé de s’adresser directement à leurs habitants afin d’inclure leurs recommandations citoyennes dans l’élaboration des futurs plans de mobilité. A Madrid, où la maire Manuela Carmena, expérimente un principe de consultation permanente de la population, les résidents ont été invités à donner leur avis sur les déplacements au centre de la capitale espagnole. Un des projets concerne la Gran Via, un des grands axes de la ville. Les travaux qui ont commencé en mars et devront se poursuivre durant dix mois, doivent faire de cet axe madrilène « un lieu de vie et de convivialité ». La priorité est donnée aux piétons, en élargissant les trottoirs de deux à quatre mètres supplémentaires. Près de 248 arbres vont être plantés pour former une coulée verte et 33 bancs nouveaux prendront place au milieu des trottoirs. Les voies de circulation seront, elles, réduites (passant de six à quatre voies, deux de chaque côté). L’idée est de créer un système de mobilité intégrant plus en profondeur le vélo. Les cyclistes devraient en effet bénéficier d’un espace qui leur soit propre dans ce nouveau projet, afin que la coexistence entre tous les moyens de transports soit plus facile et moins dangereuse pour les différents usagers.

Grace au développement d’outils technologiques comme les plateformes numériques contributives ou les maquettes urbaines interactives, les citoyens ont pu davantage s’impliquer. « Les Madrilènes s’investissent dans la co-construction de leur cité. Le projet « Madrid 100% développement durable » ne peut être approuvé sans leur aval », assure Pablo Soto, Conseiller municipal pour la participation citoyenne et la transparence.

Bruxelles : une taxe intelligente pour en finir avec les bouchons

Même donne à Bruxelles, où l’élaboration du nouveau Plan régional de mobilité « Good Move » 2018-2028 repose entièrement sur la participation citoyenne. Au total, une quarantaine de Bruxellois, tirés au sort parmi 400 participants, ont contribué durant trois week-ends à l’élaboration du projet en présence d’experts. Le résultat est à la hauteur des attentes. Des centaines d’idées proposées dont 10 retenues lors du vote. A titre d’exemple : création de longues pistes cyclables, un dimanche sans voiture, la fin des autoroutes urbaines ou la mise en place d’une taxe kilométrique intelligente… Cette ultime idée est également proposée par la Fédération du secteur automobile belge (Febiac). La taxe « intelligente » permettrait un tarif kilométrique variable selon le temps de parcours et l’endroit du déplacement. Elle pourrait remplacer la taxe de circulation. « Ce n’est donc pas la possession de la voiture qui est taxée mais son usage en fonction de son utilisation et du temps », peut-on lire dans un communiqué publié par Febiac. Ce dernier parie sur une réduction du trafic de 5 à 10% en heure de pointe et les bouchons pourraient baisser de 40%. C’est l’une des exigences des citoyens urbains.

Medellín : l’ancienne cité du crime devient un exemple de consultation citoyenne

La participation de la société civile à la création de solutions urbaines innovantes est sans doute la clé de la gestion politique des villes. La ville de Medellín, en Colombie, en est la preuve. Célèbre pour avoir abrité un des plus violents cartels de la drogue, Medellín symbolise aujourd’hui la ville vivante et intelligente par excellence. Il lui a fallu une quinzaine d’années pour se transformer en une cité « aimable » selon les organisateurs de la plateforme Cites For Life. Cette métamorphose s’est faite avec l’implication de ses habitants, comme l’explique Manuela Valencia, en charge du projet : « La plateforme locale cherche à favoriser l’innovation citoyenne, et à améliorer le dialogue entre le gouvernement et les citoyens ». Et de mettre en garde : « Il ne faut pas se contenter de discours politique, la participation sur le terrain est indispensable même si cela demande beaucoup plus de temps ». Le travail de terrain a été indispensable notamment lors de l’installation du « metrocable », un téléphérique qui a permis aux habitants des bidonvilles d’être reliés avec le centre de la cité. Les citoyens ont été invités à suivre l’avancée des travaux et à donner leur avis sur les nouvelles voies de circulation. Désormais, avec la carte de transport « carte civique », ils peuvent emprunter tous les moyens de locomotion public. « Cela a permis de désengorger la circulation, un des principaux problèmes de notre ville », conclut Manuela Valencia.

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