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L’autopartage, déclencheur de mobilité alternative

Il sera difficile à l’avenir de continuer à nous déplacer comme nous le faisons aujourd’hui. Pollution, encombrement des villes et augmentation des coûts du carburant amènent peu à peu les habitants des villes et des campagnes à se détacher de l’usage exclusif de la voiture individuelle et d’envisager des solutions partagées.

L’autopartage, appelé aussi carsharing, est en train de s’imposer comme une alternative sérieuse à la possession de voiture individuelle. Plus besoin d’investir dans l’achat d’un véhicule à soi. L’autopartage permet de louer uniquement lorsqu’on en a besoin et de payer en fonction des km parcourus. Une réelle économie lorsqu’on sait qu’une voiture individuelle n’est utilisée que 50 minutes par jour en moyenne et qu’un trajet sur deux est inferieur à 3 km. Plusieurs études* relèvent d’ailleurs que 40 % des abonnés d’un service de covoiturage ont vendu leur voiture après y avoir adhéré. Ainsi, chaque voiture partagée remplacerait 5 à 10 voitures privées selon les observateurs.

Engouement urbain

Née en Suisse dans les années 70, cette manière de se déplacer a désormais le vent en poupe un peu partout en Europe. Cette solution est particulièrement efficace dans les villes. En effet, ce service de location de voitures sur abonnement permet de réserver et emprunter un véhicule dans une des stations du réseau, à toute heure du jour et de la nuit. Une agilité qui vient compléter les offres traditionnelles de transport public comme le bus, le métro ou le tramway.

Prendre et restituer une automobile 24h/24 offre une souplesse d’utilisation qui est l’un des gages du succès de l’expérience automobile partagée.

Les petites « citadines » sont les modèles les plus utilisés. Dans certaines villes, l’ensemble de la flotte de véhicules est même exclusivement électrique. Plus maniables et pratiques, elles sont parfaites pour les petits déplacements en ville. Principalement plébiscités durant le week-end, ces services proposent des tarifs proportionnels à la distance parcourue et à la durée d’utilisation. Comptez environ 0,5 €/km et 4 €/heure en moyenne. Ajoutez l’abonnement mensuel qui s’élève entre 5 et 25 € selon les services.

Le succès de ces nouveaux modes de déplacement est étroitement lié à notre capacité à changer notre perception de la voiture. D’objet statutaire, symbole de liberté, l’automobile est peu à peu en train de devenir un simple outil pour se déplacer, purement utilitaire et dégagé de tout aspect affectif.

L’exception allemande

En France et plus généralement en Europe, l’autopartage est majoritairement présent dans les capitales, puis dans deux ou trois autres grandes villes du pays. En Allemagne, des services d’autopartage existent dans près de 500 villes et communes ! Karlsruhe, par exemple, ville de 300 000 habitants située dans le Bade-Wurtemberg, compte le plus grand nombre de voitures partagées au monde avec 2,15 voitures pour 1.000 habitants.

Le succès allemand est en partie dû au rôle des constructeurs automobiles BMW et Daimler, deux des principaux acteurs mondiaux de l’autopartage. Ces entreprises ont investi massivement dans le secteur depuis des années. Mais la réussite s’explique aussi par des mesures fortes en termes de politiques publiques pour favoriser l’adoption de cette nouvelle forme de mobilité. Le ministère des transports allemand entend notamment étendre régulièrement le nombre de places de stationnement réservés aux véhicules en autopartage.

L’argument ultime du « free-floating »

La mobilité est en perpétuelle évolution. Il y a peu, l’utilisateur d’un service d’autopartage devait « faire une boucle » et redéposer son véhicule à l’endroit précis où il l’avait pris. Avec le «free-floating», le client peut redéposer le véhicule sur n’importe quelle place parking située en centre-ville. Le verrouillage et déverrouillage du véhicule s’effectue bien entendu grâce à une application sur smartphone, sans réservation préalable ni obligation de programmer son heure de retour. Un dispositif « sans station » qui rend l’investissement bien moins coûteux pour les villes.

L’autopartage « peer-to-peer »

Le « particulier à particulier » a également fait son apparition dans le domaine de l’autopartage depuis quelques années. Cette mise en commun de votre véhicule permet à des voisins ou des proches d’utiliser votre voiture en dehors de vos propres trajets habituels. Ici la transaction ne passe pas forcément par un tiers, privé ou collectivité. Mais plusieurs plateformes offrent toutefois un système tout-en-un qui inclue la mise en relation, le paiement et surtout l’assurance. Les plus connus sont Koolicar, Drivy et OuiCar.    

Alors qu’en France, 5 millions de ménages n’ont pas de voiture, les services d’autopartage de particuliers à particuliers offrent de nombreux avantages. Ils s’adressent à tous les territoires géographiques, y compris les zones rurales ou périurbaines. Ils s’affirment comme un complément efficace du service de transport public et présentent un caractère d’intérêt général.

Merci patron

L’autopartage devient de plus en plus simple et accessible et ses marges de développements sont considérables. Les pistes de réflexions sont multiples. Les véhicules d’entreprises par exemple. Ils ne sont utilisés que durant les heures de travail. Imaginez alors que les salariés puissent les utiliser pour leurs déplacements privés, en participant aux frais kilométriques… Il y a en France près de 3 millions de véhicules d’entreprises, un autre filon de mobilité partagée qui ne devrait pas manquer d’être exploité dans les années à venir.

*Sources :

Enquête nationale ADEME sur l’autopartage 2016

– Étude « Autopartage dans la sphère privée » réalisée par ADETEC

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