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Le covoiturage séduit de plus en plus de salariés

L’usage de la voiture individuelle pour se rendre sur son lieu de travail reste encore une habitude bien ancrée chez les Français. Selon l’INSEE, 41,5% des actifs utilisent leur propre véhicule en Ile-de-France contre 77,9% en province. Et pourtant, on assiste à nouveau phénomène de société qui pourrait modifier la donne. En dix ans, le covoiturage s’est imposé comme une autre façon de se déplacer. D’abord séduits par les trajets de longue durée, les voyageurs sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux déplacements de courte distance entre le domicile et le travail. Les avantages sont certes nombreux : réduction des frais, convivialité et impact positif sur l’environnement en réduisant les émissions de CO2. Pas étonnant qu’en quelques années, on ait vu se multiplier les sites Internet proposant de partager des services de covoiturage réguliers. Pas moins d’une demi-douzaine en région parisienne ! Et ce, malgré certaines difficultés comme le besoin de flexibilité dans les horaires, la mise en relation entre les covoitureurs ou encore la tarification du service et les imprévus du trafic.

Combiner covoiturage et transports en commun

L’intervention des entreprises joue un rôle clef pour faciliter le transport des salariés en covoiturage. De nombreuses sociétés font ainsi appel aux services de ces start-up, lesquelles disposent de plateformes technologiques permettant de connecter les collaborateurs d’une même entreprise selon leur déplacement domicile-travail. C’est le cas de l’application Karos qui compte déjà plus de 400 sites clients déployés. Fondée en 2014, cette société a déjà conquis plus de 100 000 utilisateurs et propose 225 000 services de covoiturage par jour. Idéale pour les Franciliens (petite et grande couronne), l’application Karos repose sur un système multimodal. Autrement dit, elle propose de coordonner le covoiturage avec les transports en commun. Ainsi, tout détenteur du Pass Navigo bénéficie de voyages gratuits. Parmi ses clients figurent notamment Total, Roche et Accor, mais aussi le Ministère de l’Économie et des Finances. Bercy propose en effet depuis un an à 13.000 de ses agents répartis dans près de quatre sites différents en Ile-de-France (Paris-Bercy, Noisy, et Ivry-sur-Seine) d’expérimenter le service du covoiturage. « J’ai découvert de nouveaux collègues et gagné une demi-heure de transport quotidien » se réjouit une des employées.

L’auto-stop 3.0

Dans les grandes villes de province, le covoiturage commence également à s’installer comme un nouveau transport. La plateforme la mieux développée est Klaxit (ancien Wayzup), présente dans 8 agglomérations. Elle enregistre 90 700 trajets quotidiens et a noué des partenariats avec 70 entreprises. Elle offre également des voyages gratuits aux usagers des transports publics. Parmi cette kyrielle de start-up dédiées au covoiturage, deux autres applications méritent d’être remarquées. Wever et OuiHop’. Toutes deux ne demandent aucune réservation et sont gratuites. Elles incarnent l’esprit de l’auto-stop nouvelle génération. Au lieu de soulever le pouce, d’un simple clic sur son téléphone portable, l’usager peut rechercher un conducteur à la dernière minute qui passerait sur son chemin. En échange de ses services, le conducteur reçoit des points sous forme de bons d’achats.

Quelle que soit l’application, le covoiturage est une pratique de mobilité de plus en plus prisée par les Français, comme le souligne le Ministère des Transports, qui parle d’une augmentation de 140% du « trafic » au cours des quatre dernières années. En outre, selon une enquête TNS Sofres, avoir des passagers à bord influencerait positivement le comportement du conducteur : moins d’énervement, plus de concentration et meilleur respect du code de la route.

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