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Mobilité : la grande ambition de l’Algérie

Pour répondre à la croissance économique rapide des villes dans tout le Maghreb, les projets de transports urbains sur rail se multiplient.

A Alger, le métro et le tramway ont été inaugurés en 2011. A l’horizon 2022, les lignes de métro s’étendront sur 34 km avec 34 stations pour répondre aux nouveaux défis de la capitale.

Le défi Algérois

Avec près de 7 millions d’habitants, Alger est la première agglomération du Maghreb. La ville fait face à des contraintes géographiques et démographiques qui l’obligent à penser le transport urbain de façon innovante.

Cernée par la Méditerranée à l’est et par un massif de collines de 400 mètres d’altitude au sud,  la ville n’a pu s’étendre que dans deux directions.

Un développement rapide et anarchique de la capitale s’est poursuivi jusque dans les années 1980, stimulé par une forte démographie.

Aujourd’hui à Alger, la circulation automobile est ralentie en permanence et les embouteillages sont quotidiens. L’automobile reste le moyen de transport privilégié des Algérois. En effet, grâce aux ressources pétrolières du pays, le prix de l’essence y est extrêmement faible, environ 22 centimes d’euro le litre. Et le coût du transport automobile est presque équivalent à celui des transports en commun. Alors, le centre-ville est envahi quotidiennement de voitures, bien trop nombreuses pour les capacités de la voirie. Le réseau de la capitale algérienne est conçu pour accueillir 40 000 véhicules, or il en circule plus de 300 000, soit 8 fois plus.

A la recherche de l’intermodalité

Les sociétés locales d’exploitation, appuyées par le groupe RATP, ont aujourd’hui acquis une certaine expérience.

Une révolution dans le quotidien des citadins d’Alger est en cours. 18 km de ligne de métro sont en exploitation depuis 2011 et 200 000 passagers l’empruntent chaque jour.

Trois autres extensions sont en cours de construction en direction de l’aéroport, des hauteurs d’Alger et de la banlieue sud-est de la ville.

Métro, tram, RER et téléphérique à Alger et leurs projets d’extensions.

 

En matière de transport public, Alger a misé sur le rail. Sa ligne de métro dessert les zones de populations les plus denses, tandis que le tramway relie les zones plus éloignées du centre-ville.

Les jeunes cadres sont de plus en plus nombreux à adopter ces modes de transport collectifs. Même si posséder une voiture reste considéré comme un signe majeur d’accession à la classe moyenne, les comportements commencent à changer.

Les jeunes urbains apprécient désormais de ne pas perdre de temps dans les embouteillages. Ils laissent plus volontiers leur voiture à la maison en semaine pour ne l’utiliser que le week-end. Les pratiques de covoiturage jusqu’aux stations de tramway ou les trajets qui combinent taxi et tramway se démocratisent.

Pour l’instant, seule la station « Les fusillés » de la ligne de métro est connectée aux réseaux de tramway et de bus mais un autre « nœud » est prévu pour 2022.

Le ticket de métro coûte 50 dinars soit environ 40 centimes d’euros à Alger. Des abonnements mensuels uniques ont été lancés grâce à un partenariat entre toutes les sociétés exploitantes.

Pour la somme de 2 500 dinars par mois soit environ 18 euros, les usagers peuvent emprunter indifféremment, le bus, le métro, le tramway et le téléphérique. Un ticket au tarif unique tramway/métro a également été mis en place.

Le développement express de l’Afrique

La fréquentation du métro d’Alger est en hausse constante et atteint aujourd’hui 29 millions de voyageurs annuels.

Confronté aux mêmes évolutions que l’Algérie en matière de croissance urbaine, le Maroc s’est lui aussi doté d’un tramway à Rabat en 2011 puis à Casablanca en 2012.

On ne voit pas comment la révolution des transports urbains pourrait ne pas toucher dans un avenir proche le Sénégal, l’Éthiopie, le Nigeria, le Kenya et la Côte d’Ivoire, qui ont tous annoncé des projets ambitieux.

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