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Mutation en cours pour les flottes de véhicules d’entreprise

Flotte entreprise nouvelles mobilités

Fin du monopole de la voiture de fonction, augmentation des véhicules hybrides ou électriques, introduction de l’autopartage et du covoiturage… Les entreprises chamboulent leur flotte de véhicules, conscientes des nouveaux enjeux de la mobilité. Un changement de cap qui pousse les loueurs à innover.

Une petite révolution a eu lieu en 2018 dans les flottes de véhicules d’entreprise en France. S’ils restent majoritaires dans les parcs des sociétés, pour la première fois, la part de marché des véhicules diesel est passée en-dessous des 80% et a subi un net recul (-8,4% d’immatriculations sur l’année). « C’est un seuil assez significatif quand on sait qu’on arrivait à un chiffre supérieur à 90%, il n’y a pas si longtemps », rappelle François Piot, directeur de l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise (OVE). A l’inverse, les immatriculations de véhicules essence explosent et ont connu une hausse de 42,6% sur l’année. Une tendance qui s’explique en grande partie par un contexte politique : la mise au ban du diesel pour répondre aux problématiques de santé publique et d’écologie. « Il y a une vraie transition énergétique qui est en train de s’opérer car la fiscalité, le coût de financement et de fonctionnement sont plus élevés sur le diesel que sur l’essence », confirme Régis Masera, directeur consulting chez le loueur Arval.

Intérêt croissant pour les véhicules propres

L’heure est aussi à l’introduction des véhicules propres dans les parcs automobiles. Les immatriculations de véhicules électriques ont ainsi augmenté de 45,1% sur le marché des entreprises et de 43,9% pour les hybrides. Leur part dans les flottes d’entreprises reste toutefois encore faible : 2% pour l’électrique, 3,2 pour l’hybride. Une évolution qui découle aussi d’une fiscalité avantageuse et d’un cap politique contraignant comme la volonté de certaines grandes villes de proscrire les véhicules thermiques (diesel et essence) dans leur centre-ville. Ou encore le projet de loi d’orientation des mobilités qui vise l’interdiction de la vente de véhicules émettant des gaz à effet de serre en 2040. Selon l’OVE, 59% des entreprises font d’ailleurs de la réduction des émissions de CO2 une priorité de leur politique de flotte. Face à ces nouveaux enjeux de mobilité, les loueurs s’adaptent et élargissent leur offre. Arval propose ainsi de coupler véhicule thermique et hybride : le collaborateur peut ainsi conduire une hybride pour son trajet domicile-travail et opter pour une thermique pour ses plus longues distances.

L’essor de l’autopartage et du covoiturage

Mais une révolution beaucoup plus profonde est en train de s’opérer. Selon Régis Masera : « Les loueurs abandonnent peu à peu leur métier historique et envisagent la mobilité totale de l’entreprise. Ce qui multiplie de façon significative le nombre d’utilisateurs potentiels. » Première illustration, l’essor de l’autopartage dans les flottes. A travers un site Internet, le salarié peut réserver son véhicule, puis en prendre possession soit dans l’entreprise soit dans un parking public, sans passer par une agence de location. Pour l’entreprise l’avantage est d’abord économique car l’utilisation d’une voiture est optimisée et mutualisée et non plus réservée à un seul collaborateur. Une solution qui se décline à vélo. Un avantage si les salariés doivent se rendre sur un autre site de l’entreprise ou à un rendez-vous tout proche.

Autrefois choix individuel, le covoiturage s’invite lui aussi dans la stratégie de gestion des flottes des entreprises. « L’effet accélérateur a été déclenché par l’investissement massif de start-ups dans le covoiturage d’entreprise mais aussi par les perturbations dans les transports en commun qui ont amené les salariés à reconsidérer leurs a priori sur le covoiturage », explique François Piot. A tel point que 27% des entreprises souhaitent développer cette solution de mobilité. La plateforme Klaxit permet par exemple aux salariés de différentes entreprises d’accéder à toutes les offres de covoiturage à proximité à la fois de leur domicile et de leur zone d’activité. Klaxit propose même un service « assurance retour » : si le covoitureur ne trouve pas de véhicule pour rentrer chez lui, un service de VTC est mis à sa disposition.

Crédit mobilité : la fin du monopole de la voiture de fonction

Optimiser la mobilité des salariés passe aussi désormais par le report vers d’autres moyens de transport. Pour organiser au mieux ses déplacements et gagner du temps et de l’argent, le salarié n’est plus limité à sa voiture de fonction. C’est l’objectif du crédit mobilité. Le loueur évalue le coût annuel d’une voiture de fonction pour un salarié et lui propose à la place un budget pour décider lui-même de ces modes de transport. « Cela va du taxi au train, en passant par l’avion, les transports en commun, la location de vélo, l’autopartage…, détaille Sébastien Fabre d’Ubeeqo, premier loueur à avoir proposé le crédit mobilité. Le collaborateur peut même louer un véhicule pour déménager, partir en vacances et faire profiter de son crédit mobilité à son entourage. » Une solution dans l’air du temps mais qui ne fonctionne pour le moment que dans les grands centres urbains, là où les salariés peuvent réellement se passer d’une voiture individuelle.

 

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