Previous Next

Nantes, la bonne élève de la mobilité

Nantes bonne élève de la mobilité

Ville pionnière dans le développement de son réseau de transports en commun, Nantes affiche sa volonté de penser la ville hors du tout voiture. Covoiturage, plans vélo… alors que le nouveau Plan de Déplacements Urbains (PDU) vient d’être adopté, tour d’horizon des mobilités à la nantaise.

La décision pouvait sembler farfelue : ressusciter un réseau de tramway quand toutes les autres villes de France misaient exclusivement sur les bus. En 1985, bien avant Bordeaux ou Paris, Nantes a redécouvert les avantages du tramway : fluidification du trafic, réduction des émissions de CO2, gain d’espace dans la ville… Trois lignes existent aujourd’hui et vont même être prolongées dans le cadre du nouveau plan de déplacement.

Les bus du futur

Mais construire ces lignes coûte cher. En 2006, la ville trouve une solution plus économique face au désengagement de l’Etat. Elle se dote de l’un des tous premiers bus à haut niveau de service : le Busway. Comme le tramway, il dispose le plus souvent de sa propre voie, ce qui lui permet de garantir aux usagers fréquence et ponctualité. Aujourd’hui plus de 40 000 Nantais l’empruntent chaque jour. Des Busway électriques feront même leur apparition pour élargir l’offre, dès septembre prochain.

Cette alternative à la voiture n’est plus réservée à l’hyper-centre. Depuis 2013, pour rejoindre le centre-ville, les habitants de la périphérie peuvent emprunter le Chronobus : 9 lignes qui circulent elles aussi en site propre et dont la fréquence, toutes les 5 à 8 minutes en heures pleines, est garantie. A certains carrefours, des détecteurs déclenchent même le feu vert au passage du bus. Aujourd’hui, le maillage du territoire est tel que plus de 300 000 habitants vivent à moins de 500 mètres d’une ligne de Chronobus. L’aménagement des 70 km de voies a aussi été pensé pour les cyclistes et les piétons : le long de certaines lignes, des bandes cyclables et des promenades piétonnes ont été installées. Car Nantes est une ville idéale pour les mobilités douces : de taille moyenne et sans beaucoup de relief. 

Deux plans vélo à 100 millions d’euros

Depuis une quinzaine d’années, on recense 18 000 déplacements quotidiens en vélo supplémentaires grâce à deux plans vélo successifs (2009-14 et 2015-20) de 50 millions d’euros chacun. La ville ambitionne même d’atteindre 12% de la part modale du vélo en 2030 (contre les 3% actuels). Certains aménagements originaux comme les chaucidous (chaussées à circulation douce) permettent de modérer la vitesse des automobilistes et d’accroître la sécurité des cyclistes. Les voitures ne disposent plus que d’une seule voie centrale laissant place à deux larges accotements pour les cyclistes. Nantes s’est aussi doté d’un véloroute et de deux axes cyclables structurants qu’elle va prolonger. Le dernier plan vélo entend également faciliter et sécuriser l’accès à vélo d’une cinquantaine d’écoles et ouvre la possibilité pour les particuliers d’obtenir une aide de 300 euros pour l’achat d’un vélo-cargo ou d’un triporteur. Le nombre de vélos en libre-service, baptisés Bicloo, va être multiplié par deux. Et on peut désormais les louer au mois ou à l’année.

Le pari de l’intermodalité

Pour faciliter l’intermodalité, la location de Bicloo est intégrée dans l’abonnement aux transports en commun. Comme ce sera également le cas du covoiturage dans le courant de l’année. Chaque utilisateur pourra ainsi combiner sur un même trajet covoiturage et transport public. En parallèle, la métropole souhaite réserver des voies aux covoitureurs sur les grands axes routiers et inciter ainsi les automobilistes à changer leurs comportements. Le covoiturage est d’ailleurs l’une des priorités du Plan de Déplacement Urbain, adopté fin 2018. Selon les études, passer d’une voiture sur quatre pratiquant le covoiturage à une voiture sur deux, permettrait à 300 000 personnes de plus d’accéder au centre-ville en heure de pointe, l’équivalent de 1200 rames de tramway. 

Première zone à trafic limité de France

Un centre-ville devenu première zone à trafic limité de France, en 2012. L’accès y est réservé aux riverains, professionnels et personnes à mobilité réduite munis d’une autorisation. Grâce à cet aménagement, le flux automobile y est passé de 20 000 à moins de 5 000 véhicules par jour.

Autant de mesures qui font de Nantes, souvent primée pour sa qualité de vie, une ville toujours plus attractive : les démographes estiment que la métropole comptera 165 habitants supplémentaires chaque semaine jusqu’en 2030. Le défi de la mobilité n’est donc pas prêt de s’arrêter.

Share this article

There are no comments.

Add a comment

*Mandatory fields