Previous Next

Nouvelles mobilités : comment les assureurs s’adaptent ?

assurance mobilité

Les nouvelles mobilités poussent les assureurs à adapter leurs offres et repenser leur activité.

Selon une étude de Facts & Figures, en 2047, l’utilisation de moyens de locomotion partagés (49%) primera sur la possession d’un véhicule (26%). Alors qu’aujourd’hui 2% seulement des trajets en voiture sont partagés. La fin annoncée du règne de la voiture individuelle bouleverse le métier des assureurs. « On passe d’une économie de la possession à une économie d’usage et il faut l’anticiper », soutient Christophe Sabadel, chef Produits Auto et Mobilité à la MAIF.  Autopartage, free floating, engins de déplacement personnel (EDP)… les nouvelles solutions de mobilité ne sont « plus un épiphénomène. Ils sont entrés dans les mœurs et nous poussent à nous adapter en proposant de nouvelles garanties à nos sociétaires. On est dans une période de transition », explique Yann Arnaud, Directeur Produits, Innovation et Risques, à la MACIF.

Des offres adaptées à l’autopartage

Le covoiturage ne nécessite aucun changement pour les assureurs puisque les tierces personnes prises à bord sont légalement obligées d’être assurées via la couverture personnelle souscrite par le conducteur. Covoitureur comme covoiturés sont donc assurés de manière automatique. Pour le free floating comme pour l’autopartage, la couverture du véhicule comme de l’usager est, elle, généralement garantie via le contrat noué entre l’assureur et le prestataire de service.

AXA a tout de même développé une offre spécifique avec Ma Mobilité. Une assurance temporaire qui sécurise le conducteur en cas d’emprunt de véhicule en autopartage ou en covoiturage. Avec son extension de garantie Autopartage, la MATMUT assure, elle, entièrement son sociétaire lorsqu’il loue son véhicule à un autre particulier de sa propre initiative ou par le biais d’une plateforme de location. Avec sa formule Auto Pass, la GMF assure, elle, entièrement son sociétaire lorsqu’il loue un véhicule, par le biais d’un loueur classique, via un particulier ou une entreprise d’autopartage et même lorsqu’il met en location son propre véhicule.

Pas encore de législation sur les nouveaux véhicules électriques individuels

Mais le casse-tête actuel pour les assureurs se situe au niveau des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI). Trottinettes électriques, hoverboard, gyroroue, gyropode… le flou juridique qui les entoure soulève de nombreuses questions sur les risques et leurs couvertures. « Il n’y pas encore de loi concernant les NVEI et le code de la route comme celui des assurances n’ont pas évolué sur ce sujet, précise Christophe Sabadel. Or le marché explose et on constate une augmentation importante des accidents soit en responsabilité civile parce que vous étiez sur le trottoir et vous avez renversé quelqu’un, soit à cause d’une chute. » Avec un tiers des Français qui a déjà testé un NVEI et 57% qui envisagent de s’en servir à l’avenir, selon une enquête de la Prévention Routière, la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) est donc, sur ce point précis, très attendue par la profession.

Surtout que les utilisateurs de NVEI, qu’ils assimilent souvent à un gadget, ignorent en règle générale qu’ils ont une obligation de s’assurer. Leurs engins électriques étant classés dans la catégorie des véhicules terrestres à moteur. Le fait que la loi n’oblige toujours pas au port du casque ou de gants augmente aussi les risques encourus par les utilisateurs. La MATMUT « réfléchit » donc « à un produit adapté aux NVEI. Une sorte de pack assurance dédié à ces mobilités », avance Dominique Filsjean, Directeur au sein de la DGA Assurance IARD. Sauf pour les trottinettes électriques -couvertes après déclaration via le contrat automobile- la MAIF a décidé de devancer et prévenir les risques encourus par ses sociétaires utilisateurs des NVEI, en faisant le choix de les couvrir via leur contrat habitation, sans qu’ils n’aient besoin de les déclarer.

Des assurances pour la mobilité multi-modale

La croissance de la mobilité multi-modale poussent également les assureurs à faire preuve d’innovation. Dans le cadre de l’évolution de son contrat auto 4D, la MATMUT offre désormais une réduction tarifaire à ses sociétaires qui utilisent ponctuellement leur véhicule et complètent leur mobilité par un autre moyen de transport (bus, métro, train…). « C’est de l’écomobilité. On cherche à favoriser l’utilisation des transports en commun », appuie Dominique Filsjean.

Via sa filiale Altima, la MAIF a lancé une offre expérimentale : l’assurance auto à la minute. Dans sa voiture le conducteur dispose d’un boitier Bluetooth relié à une application sur smartphone, qui détecte lorsqu’il conduit et calcule le coût réel de ses trajets. Ce qui permet d’adapter le tarif de l’assurance qu’il va payer à l’usage réel qu’il fait de sa voiture.

La « cyber assurance » pour les véhicules autonomes

Mais la grande révolution chez les assureurs concernera la voiture autonome. Au-delà de l’enjeu capital de la question de la responsabilité en cas d’accident (constructeur ? fournisseur de radars ? assureur ? usager ?), on nous promet le risque zéro et certains constructeurs parlent déjà d’assurer eux-mêmes leurs véhicules. Plus besoin alors de faire appel à un assureur traditionnel ? « Le risque ne sera pas nul, il ne sera plus le même, rétorque Christophe Sabadel. Déjà, il peut toujours y avoir du vandalisme et des dégâts climatiques. Mais surtout du piratage informatique qui cherchera à récupérer les data des usagers. On pourrait même avoir affaire à un piratage plus malveillant qui visera à vous faire avoir un accident, à détourner votre véhicule ou pire, créer un risque systémique sur une flotte. Et là, c’est évident que l’assureur aura un rôle à jouer. » La « cyber assurance » représente ainsi l’avenir pour les assureurs.

Share this article

There are no comments.

Add a comment

*Mandatory fields