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Strasbourg, un carrefour européen à l’avant-garde des mobilités

Laboratoire des mobilités innovantes depuis une trentaine d’années, l’Eurométropole de Strasbourg engage une nouvelle politique pour s’ancrer davantage dans le réseau européen.

Avec une aire urbaine dynamique qui compte plus de 10 000 emplois et un centre historique classé patrimoine mondial de l’Unesco, la mobilité a constitué très tôt un enjeu primordial pour la métropole alsacienne.

Ainsi, dès les années 90, Strasbourg a fait l’objet d’une politique globale de mobilité : piétonisation du centre-ville, développement des pistes cyclables, régionalisation du transport ferroviaire entre les villes de l’aire métropolitaine, mise en service du tramway ont concouru à la transformation radicale du centre.

Et cette politique a porté ses fruits puisqu’avec ses 600 km de pistes cyclables, Strasbourg est aujourd’hui la première ville cyclable de France. Près de 16% de ses habitants se rendent au travail à vélo selon le dernier recensement INSEE. Tandis que 6 lignes de Tramway desservent aujourd’hui 8 communes dont celle de Kehl, de l’autre côté de la frontière Allemande.

Un Grenelle des mobilités

Mais le système atteint aujourd’hui ses limites. Les flux de transports convergent tous vers le cœur de la métropole, provoquant des congestions et des temps de déplacements aléatoires notamment pour accéder au centre-ville en voiture.

Car ici comme ailleurs en France, les habitants du périurbain ne bénéficient pas d’alternatives compétitives à l’usage de la voiture. Ce trafic automobile local s’ajoute à un important flux de marchandises qui transitent par les ports d’Anvers, Rotterdam ou Hambourg, pour approvisionner l’Europe par camion.

« L’autoroute A35 a été réalisée dans les années 60 pour 80 000 véhicules par jour. Elle en compte aujourd’hui plus du double dans des conditions de saturation dont nous sommes tous les victimes quotidiennes » explique Robert Hermann, Président de l’Eurométropole de Strasbourg. C’est la raison pour laquelle « l’Etat a choisi d’engager un projet de contournement autorou­tier de la ville qui s’accom­pagnera d’une interdiction des trafics de transits de poids lourds sur l’ac­tuelle autoroute A35. La mise en service de cette infrastruc­ture de contournement est attendue d’ici 2021 » se réjouit-il.

Mais pour traiter plus globalement la congestion de l’agglomération et renforcer l’ancrage européen de l’Eurométropole, son Président a misé sur une coopération entre les acteurs. Robert Hermann a ainsi convié la Région Grand Est, le Département du Bas-Rhin et l’État autour de la table, ainsi que des experts, des employeurs et des associations, dans le but de faire émerger ensemble, des réponses inédites en matière de mobilité.

Renforcer ses points forts

Apporter une meilleure réponse de déplacement aux habitants des 1ère et 2e couronne figurait en tête des priorités locales de ce Grenelle. Pour cela, l’Eurométropole a choisi de miser sur un Réseau Express Métropolitiain (REM) qui va renforcer les liaisons entre les différents pôles urbains du territoire en s’appuyant sur les réseaux ferroviaires et autoroutiers existants. Au programme :  des niveaux de service haute fréquence et des amplitudes horaire larges pour inciter les habitants du périurbain à renoncer à prendre leur voiture pour se déplacer. Mais le réseau lui-même va également être repensé puisqu’aujourd’hui la gare de Strasbourg sert de terminus ou de départ à la majorité des trains express régionaux. Ce réseau structuré en étoile dont Strasbourg est le centre, entraîne des correspondances chronophages en gare. Une meilleure articulation des réseaux urbains et interurbains permettra par exemple, d’aller de Haguenau à Obernai sans correspondance. Ainsi, les liaisons qui traversent la capitale alsacienne n’auront plus systématiquement de terminus en gare centrale mais pourront prolonger leur trajet pour desservir d’autres villes au-delà de Strasbourg. Enfin, des cars interurbains viendront compléter ce réseau là où l’offre ferroviaire est inexistante.

Miser sur les modes actifs

La réorganisation du réseau de transport pour mieux mailler la métropole apparaît comme une solution efficace pour les habitants des villes de l’aire métropolitaine et du périurbain. Mais, comme dans la plupart des métropoles, deux tiers des déplacements dans l’aire métropolitaine strasbourgeoise représentent moins de trois kilomètres. C’est dire le potentiel des modes actifs comme le vélo ou la marche. Car même dans la première ville cyclable de France, une majorité de ces déplacements de proximité sont réalisés en voiture. Ces déplacements automobiles de courte distance contribuent à la saturation du réseau routier. De même, la quantité de courts déplacements en tramway conduit également à son engorgement : un tiers du trafic se fait sur des trajets de trois stations ou moins. C’est pourquoi, pour optimiser l’offre de mobilité, le développement des transports en commun ne suffit pas. C’est sur les mobilités douces comme le vélo ou la marche que l’Eurométropole doit également compter pour redonner des capacités à l’offre de transports en commun. Des pistes cyclables séparées de la route, des parkings à vélo sont envisagés pour rendre les modes actifs toujours plus attractifs en vue de doubler la part modale du vélo d’ici à 2030.

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