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Téléphériques urbains : une mobilité en pleine ascension

téléphérique urbain

Autrefois réservé aux stations de ski, le téléphérique s’invite dans les métropoles. Plus propre, silencieux et moins coûteux que le transport sur rail ou sur route, le transport aérien par câble pourrait être l’avenir des mobilités propres.

Pour améliorer la mobilité citadine, s’il suffisait de prendre de la hauteur ? Depuis le milieu des années 2000, un moyen de transport revient à la mode et fleurit dans les villes du monde entier : le téléphérique urbain. Pourtant, ce mode de déplacement n’est pas nouveau, puisque dès 1912, Rio de Janeiro inaugurait le premier téléphérique lourd de transport de passagers. 

Medellin, les précurseurs

Avec la saturation des transports terrestres et souterrains, le téléphérique vit une seconde jeunesse, sous l’impulsion notamment de la ville de Medellin, en Colombie, dont l’exemple va inspirer de nombreuses municipalités à travers le monde. En 2006, la cité colombienne met en service le « Metrocable », un téléphérique qui permet de relier les quartiers les plus pauvres, nichés sur les hauteurs de la ville, jusqu’au centre de la vallée. Le temps de trajet pour se rendre dans le centre passe alors de 2 heures à 15 minutes. Surtout, ce système a permis de créer du lien social et de désenclaver toute une partie de la population qui aujourd’hui a enfin accès au travail, aux écoles, aux hôpitaux, aux infrastructures culturelles et sportives… Il s’est aussi révélé être un outil de lutte contre les narcotrafiquants.  En survolant leurs fiefs, le taux de criminalité a ainsi fortement chuté.

Désenclaver les quartiers défavorisés

L’exemple le plus impressionnant est bolivien. « Mi Teleférico » a été mis en service en 2014 et installé en pleine Cordillère des Andes, entre 3200 et 4000 mètres d’altitude. C’est le plus haut et le plus long du monde (11 stations desservies sur 10,3 km de câble). Il relie le centre-ville de La Paz et El Atlo, à l’origine la banlieue ouest de la capitale andine, aujourd’hui troisième plus grosse agglomération du pays. Alors qu’auparavant on passait plus d’une heure dans les embouteillages pour relier les deux villes, avec le téléphérique, cela ne prend plus qu’un quart d’heure. Avec une vitesse de 5 mètres par secondes, il est utilisé quotidiennement par plus de 40 000 personnes et transporte 25 millions de passagers à l’année.

Franchir les obstacles naturels

Le téléphérique a cette vertu de pouvoir franchir les obstacles naturels et d’accéder à des endroits d’ordinaire peu accessibles. La Géorgie fait figure d’expert en la matière. Dans cette zone très montagneuse, bordée ou traversée par de nombreux cours d’eau, on recense une vingtaine de transports aériens urbains par câble. 

En France, en 2016, Brest s’est aussi dotée de ce type de transport, lui permettant de franchir la rivière de la Penfeld et de relier la rive gauche du centre-ville à la rive droite du quartier des Capucins. Un équipement qui a facilité le développement économique et urbanistique de cette ancienne friche portuaire qu’on ne pouvait atteindre que par deux ponts généralement saturés. Il a coûté deux fois moins cher que la construction envisagée d’un nouveau pont. Grâce à ses 65 mètres de hauteur, il permet toujours le passage des bateaux et peut transporter 1200 personnes par heure.

Ecologique, économique, touristique

Silencieux, non-polluant, le téléphérique urbain représente aussi une formidable solution écologique. 100% électrique, il consomme trois fois moins qu’un tramway, cinq fois moins qu’un bus et dix fois moins qu’une voiture. Il offre un gain d’espace optimal puisqu’il n’en nécessite quasiment pas au sol. Son coût de construction et d’implantation est deux à trois fois moins cher qu’une liaison sur route ou rail et il suffit d’un an pour le bâtir, soit cinq à vingt fois moins qu’un tramway ou qu’un métro. Enfin, il reste le moyen de transport le plus sûr au monde. 

Sans oublier son intérêt touristique. Il offre un panorama inédit et permet de découvrir une ville sous un jour nouveau. Comme par exemple l’Emirate Air Line de Londres qui surplombe la Tamise ou encore le Leitner Ropeways de Berlin à bord duquel on peut notamment admirer le parc floral de la ville vu du ciel.

Le téléphérique à la conquête de la France

On dénombre aujourd’hui une cinquantaine de téléphériques urbains à travers le monde. En France, où la loi de transition énergétique autorise depuis 2016 le survol par câble des habitations, une dizaine de projets devraient voir le jour : à Toulouse, Grenoble, Chamonix, Orléans, Saint-Denis de la Réunion… Mais surtout en Ile-de-France, région minée d’autoroutes, de hangars industriels, de zones d’activités, de voies ferrées… Le Val-de-Marne devrait ainsi sortir de terre d’ici 2021, le Câble A-Téléval, reliant Créteil à Villeneuve Saint-Georges et permettant à ses usagers de parcourir cette distance en 15 minutes au lieu de 45 actuellement.

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