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Trottinette, vélo, scooter… L’invasion des transports urbains flottants

En un an, le free floating a révolutionné la ville et les modes de transport individuels.

Rouler, sans fil à la patte, c’est un peu l’idée du free floating. Le principe est simple : l’usager géolocalise le véhicule en libre-service le plus proche et le démarre grâce à une application installée sur son smartphone. A la fin de son trajet, il peut le stationner où bon lui semble. Plus besoin de chercher la station la plus proche. L’abonnement a disparu, le client ne paye que le temps de transport. En moyenne 1 € la course puis 15 centimes la minute pour une trottinette électrique roulant jusqu’à 24 km/h.

Un succès fulgurant

Un minimum de contraintes pour l’utilisateur qui séduisent de plus en plus de citadins. « Ce qui est intéressant avec le free floating, c’est que les usagers deviennent des multi-modaux. L’utilisation de véhicules flottants leur permet de découvrir des moyens de transport qu’ils n’imaginaient pas. En plus de cet aspect pédagogique, cela permet également de désengorger les transports communs », explique Nicolas Louvet, fondateur de 6t, un bureau d’études spécialisé sur la mobilité. Autant d’ingrédients qui expliquent ce succès fulgurant. « En France, le free floating existe depuis peu. Le vélo en libre-service depuis plus de 15 ans. Et bien on constate que le vélo en free floating constitue déjà 20% du parc des vélos partagés », poursuit Nicolas Louvet.

Un modèle de coexistence à trouver

Aujourd’hui l’offre semble sans limite : scooters électriques, vélos et trottinettes se disputent les trottoirs des capitales européennes, mais aussi de Lyon, Grenoble, Metz ou Bordeaux. Toutefois cette explosion de l’offre ne va pas sans poser problème. De nombreux piétons en font l’expérience : il faut parfois slalomer péniblement entre les trottinettes et vélos stationnés. Certaines mairies ont pris des mesures drastiques. A Valence, en Espagne, les trottinettes de l’américain Lime ont été interdites au bout de seulement 8 jours d’exploitation et Londres refuse pour l’instant de les accueillir.

Mais d’autres solutions moins radicales se dessinent. En juin dernier, la mairie de Paris optait, pour une charte de bonne conduite, signée par l’ensemble des acteurs de la filière. Les scooters qui stationnent sur les trottoirs sont verbalisés. Les vélos, eux, doivent laisser une largeur de 1,4m pour laisser passer, par exemple, poussettes et fauteuils roulants. La municipalité a également évoqué la mise en place prochaine d’une redevance pour occupation commerciale de l’espace public et la création de zones de stationnement obligatoire pour vélos et trottinettes. Reine du vélo, Amsterdam est elle aussi confrontée à la problématique du parking sauvage. La ville a annoncé la création d’ici à 2020 de 17 500 places de stationnement vélo dans la gare centrale.

Vandalisme

Autre défi majeur pour les exploitants : recharger et entretenir des milliers de véhicules dispersés dans la ville. D’autant que les véhicules flottants sont régulièrement la cible de dégradations volontaires. A tel point qu’après 4 mois d’existence dans l’Hexagone, le hongkongais Gobee.bike a dû mettre fin à ses services. La société explique dans un communiqué que « près de 1 000 de ses vélos ont été « volés ou privatisés » et près de 3 400 « endommagés ». Des actes de vandalisme qui rendent les coûts d’entretien exorbitants.

Le défi de la rentabilité

Alors le free floating est-il viable ? Disons que le modèle devra se perfectionner s’il veut résister. En permettant par exemple à l’utilisateur d’avoir une offre au plus près d’où il se trouve. Pour l’instant, on assiste à un phénomène d’engorgement dans les lieux les plus fréquentés : bouches de métros, quartiers d’affaires… Ce qui oblige les opérateurs à déplacer des centaines de vélos dans des zones moins saturées à l’aide de camions. Mais l’opérateur danois Donkey Bike semble avoir trouvé la parade grâce à des stations virtuelles. Des lieux de dépôt spécifiques sont indiqués dans l’application. Si le vélo est déposé ailleurs, des frais sont facturés à l’utilisateur. Une politique incitative qui permet non seulement de réduire les coûts de réallocation mais aussi d’éviter que les vélos ne polluent l’espace public.

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