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Voitures qui communiquent entre-elles : ça va changer quoi ?

Eviter les risques de collusion et réduire le trafic sont les deux objectifs majeurs des voitures communicantes.

La voiture connectée ne relève plus de la science-fiction. Les principaux constructeurs automobiles et les géants de l’électronique planchent sur des projets permettant aux véhicules de communiquer entre eux en temps réel grâce à l’avènement de la 5G Un défi technologique qui va sans nul doute modifier la relation du conducteur avec son entourage. Prendre la route à bord d’un « véhicule de transport intelligent » devrait en effet améliorer la sécurité et fluidifier le trafic tout en augmentant le confort des trajets. Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation de l’équipementier français Valeo assure que l’un des atouts sera d’éviter les risques de collisions. Lorsqu’une voiture freinera, elle sera capable de communiquer cette information au véhicule derrière pour qu’il freine de la même façon. Autre avantage, la réduction de « l’effet accordéon ». Comme l’explique l’expert Valeo : « quand un feu passe au vert, une file de voitures met beaucoup de temps à redémarrer, chacune attendant que celle de devant se mette en route. Avec un système connecté, toutes les voitures pourront démarrer simultanément comme s’il s’agissait d’un train ». La mise en place d’un tel système devrait avoir un effet positif dans les grandes villes, supprimant ainsi de nombreux embouteillages et réduisant la pollution.  

Transport intelligent

Dans ce domaine, le Groupe PSA vient de réaliser une présentation inédite. En mars dernier, sur le site de Rennes, le constructeur européen et Qualcomm Technologies, qui travaillent depuis un an sur ce projet, ont fait rouler la première voiture équipée de la technologie C-V2X (Cellular Vehicle-to-Everything). Ce système permet au DS 7 CROSSBACK utilisé pour l’occasion de communiquer via le réseau des opérateurs téléphoniques grâce à des capteurs et un modem cellulaire, qui échangent des données via le réseau 5G dans un périmètre d’un kilomètre. Lors de l’expérience, le conducteur est alerté que le véhicule posté quelques dizaines de mètres à l’avant freine soudainement. Un message d’alerte s’affiche sur l’écran du tableau de bord, accompagné d’un bip.

Cette technologie s’inscrit dans le cadre d’un système de transport intelligent qui permet également aux véhicules de communiquer avec leur environnement (infrastructure routière, piétons, cyclistes…).  Il sera dans un futur proche possible pour les responsables de la sécurité routière d’intervenir sur la conduite du propriétaire d’un véhicule en réduisant sa vitesse en cas de danger imminent. Une intrusion qui ne ravit pas tous les chauffeurs. Selon une étude intitulée «The Retrofit Future of The Connected car » du cabinet Forrester parue l’an dernier, les Européens restent sceptiques. Seuls 18% des personnes interrogées seraient aujourd’hui intéressées par une connexion Internet de leurs voitures. 

Le voiturier automatique

Or, l’engouement pour la voiture connectée pourrait décoller dès que celle-ci deviendra une réalité. Ainsi la société Valeo entend développer par exemple des applications qui informeraient des places libres à l’échelle d’une ville en centralisant les informations rapportées par les capteurs des véhicules. Un gain de temps précieux pour les usagers. Dès l’an prochain, l’équipementier français aspire à tester « le voiturier automatique », qui permet de laisser son automobile à l’entrée d’un parking, celui-ci sera capable de trouver la place disponible tout seul. Une option qui intéresse particulièrement les loueurs.

La technologie C-V2X connaîtra ses premiers débuts en Chine. Dès 2020, elle devrait équiper 20% du parc de véhicules neufs la première année, puis 30% en 2023 et atteindre 50% en 2025. En Europe, les validations sont en cours. BMW, Daimler, Deutsche Telekom et Ericsson ont suggéré sa standardisation à la Commission européenne.

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