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Débridez la voiture connectée

Remy Pothet, responsable mondial de l’expertise Automotive chez TNS a récemment publié sur le TNS Automotive Blog un « livre blanc » sur la voiture connectée.  Sa réflexion, adressée directement aux constructeurs automobiles, revient sur les enjeux de la voiture connectée et les leviers qui, si activés, permettront son arrivée rapide dans nos garages et nos rues.

Voiture connectée, une évidence dans un monde de « connected objects »

Selon l’institut Idate, le monde compte d’ores et déjà 15 milliards d’objets connectés. Chiffre en pleine croissance, on atteindrait ainsi le cap des 80 milliards d’objets reliés à Internet (et les uns aux autres) à l’horizon 2020 ! Cette tendance vise ainsi à s’étendre progressivement à tous les objets de notre quotidien (ou presque). L’accélération du déploiement des systèmes permettant aux automobilistes d’interagir avec le monde entier depuis leur voiture est portée par la demande des utilisateurs, qui ne souhaitent plus subir de rupture dans leurs usages connectés et sont de moins en moins réticents à autoriser l’accès à leurs données personnelles. Elle est évidemment rendue possible par l’évolution technologique des véhicules et par la volonté des constructeurs automobiles de poursuivre sur cette lancée. De plus, comme rappelé dans ce livre blanc, les promesses de la voiture connectée sont plus que motivantes : baisse de l’émission de CO2 grâce à une meilleure fluidité du trafic, baisse conséquente des accidents de la route, mais aussi opportunités pour d’autres métiers liés (compagnies d’assurances, loueurs de véhicules, etc.) qui pourront adapter et personnaliser leurs offres et tarifs. Certaines technologies connectées seront même légalement imposées : l’eCall, système d’appel d’urgence embarqué, deviendra obligatoire sur tous les véhicules neufs dès 2017.

Connectée oui, mais comment ?

Malgré cet engouement, l’auteur rappelle qu’une décision importante devra être prise par les constructeurs automobiles : celle de la plate-forme utilisée.  Ce choix est capital et sera dimensionnant pour l’utilisation de ces futurs véhicules connectés. En effet, l’utilisateur plébiscite la connectivité et cherche à rester relié au monde entier, où qu’il se trouve. Mais que faire si la plate-forme de connectivité d’un véhicule n’est pas compatible avec l’operating system (ou OS) du téléphone de son conducteur ? Les constructeurs doivent ainsi décider quelle technologie permettra de connecter leurs véhicules : système propriétaire intégré (différenciant mais restrictif) ou plate-forme collaborative ouverte, sur laquelle fabricants de smartphones et opérateurs télécom pourront développer leurs propres projets ?

Deux stratégies bien distinctes qui présentent chacune avantages et inconvénients. La plupart des constructeurs choisissent ainsi de jouer sur les deux tableaux : collaborer au développement d’une norme commune (comme MirrorLink, déjà en place sur certains véhicules PSA Peugeot Citroën) tout en travaillant chacun sur leur propre système propriétaire. La première approche leur permettra de toucher un grand nombre de clients en mettant en commun les efforts des différents partis impliqués, la seconde les protège d’une dépendance trop forte à un seul OS de smartphone. La collaboration et la compatibilité entre les différents systèmes est d’autant plus nécessaire que la voiture connectée vise également à être une voiture communicante. Pour tirer le meilleur parti de toutes les technologies connectées embarquées dans nos véhicules, il faudra en effet qu’ils puissent communiquer avec leurs conducteurs mais également entre eux.

Que faire de toutes ces données ?

Le véhicule connecté produira en continu une masse conséquente de données liées. Cependant, telles quelles, ces données sont inutiles. Il faudra donc inventer de nouvelles méthodes pour faire parler ces informations, les trier, les classifier et les rentabiliser. C’est tout l’enjeu de la Big Data.  Qualifiées correctement, les données fournies par un véhicule seraient une véritable mine d’or permettant de mieux comprendre son conducteur et de personnaliser tous les services qui lui seraient offerts mais également de construire de nouveaux modes de relation entre un client et la marque.

Découvrez l’analyse de Remy Pothet dans ce livre blanc et venez échanger avec nous dans les commentaires !

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