Previous Next

La voiture en partage

Pour longtemps encore, la voiture restera le mode de déplacement privilégié : 80% des Français l’utilisent dans leurs déplacements. Pour autant, l’âge moyen d’achat de la première voiture neuve est aujourd’hui de 51 ans. Posséder sa propre voiture n’est plus le fantasme des jeunes adultes : on est loin de l’équation : voiture = liberté. Pour autant, cette (r)évolution ne traduit en rien un besoin en autonomie et liberté réduit. Mais pose la question de la possession : que signifie avoir une voiture aujourd’hui ?

Première (r)évolution : de la propriété à l’usage

En Europe et aux Etats-Unis se développent des formules de partage aussi bien pour les voyages longs que courts. Comme le disait Jérémie Rifkin (L’âge de l’accès) : « Le rôle de la propriété est en train de subir une transformation radicale. Les conséquences de cette révolution sont d’une conséquence et d’une portée fondamentales pour notre société. […] D’ici à 25 ans, l’idée même de propriété paraîtra singulièrement limitée, voire complètement démodée. […] C’est de l’accès plus que de la propriété que dépendra désormais notre statut social. ».

Et pour la voiture ? Le prestige lié à la possession d’une voiture ne suffit plus : les nouveaux acteurs de l’auto-partage promeuvent l’image d’un utilisateur tendance, en accord avec son temps, qui fait des rencontres humaines inattendues et riches. Pour preuve, le succès mondial des systèmes de vélo partagé qui drainent ainsi plus de 2,2 millions de trajets chaque mois dans le monde !

Deuxième (r)évolution : le règne de l’homo connectus

800 millions de smartphones seront vendus dans le monde d’ici 2015. Information fondamentale pour un constructeur automobile : dans un environnement urbain où les services de mobilité sont protéiformes, le citoyen est un usager global. Son téléphone lui permet de ne pas avoir à anticiper un besoin en mobilité : il peut faire face à l’imprévu en temps réel, en choisissant le moyen de transport le moins contraignant pour un besoin précis. Lorsque j’ai le choix entre le vélo partagé, la voiture partagée, le co-voiturage ou encore l’auto-partage (pour ne citer que des moyens de déplacements individuels), posséder une voiture pose question. Une étude réalisée par TNS Sofres pour le groupe Chronos montre qu’en 2030, l’essentiel des déplacements se fera dans des véhicules partagés.

Troisième (r)évolution : la perméabilité du monde

Les constructeurs avaient pour habitude de concevoir et vendre des voitures ? Aujourd’hui, ils écoutent aussi des experts – testeurs, rencontrent maintenant des start-ups qui détournent la vocation initiale de l’objet.

Quels sont les services et produits qui répondent aujourd’hui aux besoins de nos clients ? Quelques constructeurs (dont nous faisons partie) testent des idées.

Et l’avenir de la voiture dans tout ça ? L’automobile reste un produit extraordinaire qui permet à son conducteur et ses passagers d’être autonomes dans leurs déplacements. Et par cela, de réaliser leurs aspirations personnelles (se rendre au sport, accepter un travail qui va m’épanouir, voyager, etc.).

A nous, grandes entreprises, entrepreneurs, associations, clients et usagers d’innover pour utiliser les objets de mobilité à notre meilleur avantage. Et inventer ce que voudra dire « posséder une voiture » en 2030.

Antonia Krpina

Share this article
#

There are no comments.

Add a comment

*Mandatory fields