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Plug in hybride : où en est-on chez Groupe PSA ?

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Le Groupe PSA annonçait en 2014 le lancement d’une offre plug in hybride à l’horizon 2019, dans le cadre de sa stratégie produit mondiale. Deux ans après cette annonce, comment avance le projet ? Que sait-on déjà de cette nouvelle technologie ? In Movement a rencontré Olivier Salvat, Directeur du projet « Plug in Hybrid Electric Vehicle » (PHEV) pour tout savoir sur cette technologie. 

Le plug in hybride qu’est-ce que c’est ?

Le terme plug in hybride (ou hybride essence rechargeable) désigne le fait d’avoir deux chaînes de traction différentes à bord du même véhicule :

  • un moteur thermique qui fonctionne avec du carburant
  • un moteur électrique, associé à une batterie de grande capacité

Ce qui caractérise cette technologie, c’est que la batterie peut être rechargée de manière externe, en la branchant simplement sur un réseau électrique domestique. Cette batterie électrique chargée permet de réaliser vos trajets urbains courants. Comme 50% des déplacements quotidiens en voiture sont inférieurs à 12 kilomètres, cette technologie prend en charge en mode électrique la majorité de vos déplacements. Ce mode ne nécessite aucune dépense de carburant et ne génère aucune émission.

Comment fonctionne le système plug in hybride?

Les deux chaînes de tractions peuvent être utilisées de manière indépendante ou combinée. Si la batterie est chargée, le véhicule circule par défaut en mode électrique. Lorsque que la batterie est presque vide,  le mode hybride (thermique + assistance électrique) se remet automatiquement en route. Il existe également un mode « à la demande » qui permet au conducteur de choisir de passer d’un profil à l’autre.

  • Mode électrique : Un mode zéro émission et zéro carburant pour prendre en charge une grande partie des trajets quotidiens.
  • Mode hybride :  Chaîne de traction traditionnelle assistée électriquement (le fonctionnement hybride de DS5) qui vous permet de parcourir de longues distances, lorsque vous partez en week-end par exemple, et qui offre par ailleurs la technologie Stop & Start ou une assistance électrique au démarrage pour optimiser la consommation. Le système plug in est indépendant de la technologie thermique, il peut fonctionner avec un moteur essence ou diesel.
  • Mode combiné : Les deux chaines de tractions, thermique et électrique, fonctionnent ensemble en continu, ce qui permet de booster les performances de votre véhicule, en cas de dépassement par exemple.

Il est également possible de demander la recharge de la batterie électrique lorsque le véhicule est en mode thermique. C’est une fonction de dépannage car il est bien plus économique de charger la batterie en la branchant sur un système électrique. L’intérêt majeur de ce mode est de garantir qu’on saura toujours avoir une solution pour rouler dans une zone zéro émission si la réglementation l’oblige. 

Quels sont les avantages du plug in hybride ?

L’autonomie tout d’abord : que l’on compare à un véhicule full électrique ou à la technologie Hybrid4, l’autonomie est la grande différence. En rechargeant son véhicule sur une prise domestique tous les jours, vous disposez d’une autonomie électrique qui peut prendre en charge la quasi-totalité de vos déplacements quotidiens.

Les économies ensuite : l’économie d’usage est très significative notamment sur le coût des énergies. Avec un moteur thermique, le coût en carburant pour parcourir 100km représente entre 6 et 8€. Le plug in hybride utilisé en mode électrique permet de parcourir 100km pour un coût en électricité d’environ 2€.

Le système de traction électrique entraîne également des économies sur le coût d’entretien du système de freinage. En mode électrique, le système de freinage est récupératif et sans contact. On module la résistance à l’avancement du véhicule en lui opposant une résistance électrique qui récupère l’énergie au lieu de la dissiper. Ainsi, pas d’usure des plaquettes ni des disques lorsque vous roulez.

Comment explique-t-on cette avancée en termes d’autonomie ?

Le challenge de nos équipes a consisté à limiter les masses car le poids d’un véhicule est l’ennemi numéro un de la consommation. Nous avons également cherché la solution la plus compacte. Il s’agit de préserver l’espace à l’intérieur du véhicule mais aussi de faire entrer la batterie dans des modèles existant, en limitant les coûts de transformation des véhicules conventionnels. Ceci a été rendu possible par les progrès réalisés sur les dernières générations de batterie, ainsi que par la modularité de la plateforme sur laquelle nous développons nos PHEV.

Le plug in hybride c’est aussi une avancée en termes d’émissions de CO2 ?

Oui, évidemment. Mais c’est un véhicule polyvalent capable de couvrir tous les usages, donc les émissions varient en fonction de l’usage.

En utilisation électrique, notamment en usage urbain, vous allez être capable de vous déplacer durant des mois sans aucune émission de CO2. Quant à la chaîne thermique, elle présente les mêmes valeurs d’émissions que sur les véhicules non hybrides. Le potentiel de réduction des émissions de CO2 est en fait très grand, comme mentionné précédemment, 50% des trajets font moins de 12km. Avec une infrastructure adaptée facilitant la recharge bien plus de la moitié des déplacements pourraient se faire sans émission de CO2.

Connait-on les gammes de véhicules dans lesquels sera embarquée la technologie PHEV ?

Pas encore. Je peux simplement vous dire que, comme ces véhicules embarquent deux systèmes de traction, ils seront plus chers à l’achat, avec un coût à l’usage très intéressant. C’est la raison pour laquelle la technologie PHEV s’adresse dans un premier temps aux segments à forte puissance. Puis, comme toute nouvelle technologie, les prix baisseront avec les volumes ce qui permettra la démocratisation, à l’identique de la climatisation il y a vingt ans ou des systèmes d’aide au freinage ces dix dernières années.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la manière de recharger ces véhicules ?

Bien sûr. On peut citer trois cas différents.

  • Rechargement sur une prise domestique : entre le véhicule et la prise, il y aura une petite interface de communication qui sera livrée avec le véhicule. Aucune modification n’est à prévoir. L’unité de charge d’une prise domestique lambda est de 8 ampères par heure. Le temps de charge estimé de la batterie sur une prise standard est de 7 heures.
  • Rechargement sur prise 16 ampères : vous pouvez très facilement changer une prise de votre installation électrique pour passer sa capacité à 16 ampères. Branché sur cette prise, votre véhicule sera rechargé en 4 heures.
  • Installation spécifique : votre installation électrique peut être modifiée pour bénéficier d’une capacité de 32 ampères. Cela réduit à 2h le temps de rechargement complet de la batterie.

On parle ici des modes de rechargement domestiques. Mais on peut imaginer que des bornes de rechargement performant soient mises à disposition par les villes ou encore les entreprises afin de favoriser les déplacements zéro émission.

Outre la baisse des émissions ou des coûts d’usage, y existe-t-il d’autres évolutions notables induites par la technologie PHEV ?

Oui, on travaille sur le pré-conditionnement thermique de l’habitacle. Sur un véhicule standard, il est nécessaire de mettre le moteur en marche pour faire fonctionner la climatisation ou le système de chauffage. Le système PHEV présente une résistance thermique par le biais de sa batterie. Cela permettra au client de programmer en amont la température de son véhicule. Fini le temps d’attente lié au dégivrage et terminée la bouffée de chaleur à l’ouverture du véhicule laissé au soleil !

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GNumber1 25.05.2016

Bonjour,
la solution hybride me semble extrémement compliquée, couteuse et peu fiable (2 chaines de traction, beaucoup de calculateur, des modes de fonctionnement qui générent beaucoup de lignes de code). Alors qu’une solution éléctrique avec un petit moteur thermique qui sert de génératrice lors des grands trajets me semble beaucoup plus simple, et fiable.
Quel est votre Avis ?
Pourquoi PSA ne prend pas cette voie que prennent les autres constructeurs ? (BMW par exemple).

Marine 01.07.2016

Bonjour Guy,
Afin de répondre à tous les besoins de mobilité et à tous les usages de ses clients, le Groupe PSA concentre le développement de ses modèles sur deux plateformes modulaires et mondiales, qui permettront de proposer une offre large de modèles thermiques, électriques et hybrides essence rechargeables à partir de 2019.
Plus d’info ici => http://bit.ly/PHEVBEVPSAfr
Marine

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