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Enrico Durbano, la dolce mobilité

27.06.2019

Directeur général d’Eco-Compteur, Enrico Durbano est à la tête d’une PME bretonne devenue leader mondial d’un métier qu’elle a créé : le comptage des flux de piétons et cyclistes. Une activité essentielle pour justifier et développer la mobilité douce.

L’accent chantant et étranger qui nous accueille nous fait douter… Sommes-nous bien en présence du gérant d’une PME installée dans une commune des Côtes-d’Armor ? Son nom aurait dû nous mettre la puce à l’oreille : Enrico Durbano est Italien. Et cet ingénieur des Eaux et Forêts de formation ne pensait sans doute jamais atterrir à Lannion, en Bretagne et, quelques années plus tard, être à la tête d’une entreprise leader mondial dans le comptage des piétons et cyclistes en milieux urbains et naturels. Une success story à l’image de celle d’Eco-Compteur, la société qu’il dirige.

Né à soixante kilomètres au sud de Turin, à la fin de ses études en 2002, Enrico Durbano suit son ex-femme à Lannion. Après un an passé à chercher un emploi, il rencontre Christophe Milon, fondateur d’Eco-Compteur, toute jeune entreprise de seulement deux salariés. Le feeling entre les deux hommes est immédiat. Milon, qui vient de commercialiser un compteur de piétons inventé par son père, cherche à s’exporter à l’international et notamment démarcher le marché italien et l’engage. Dès lors, la PME, spécialisée dans la mobilité douce, ne va cesser de croître, « dans un marché de niche qu’on a nous même créé », souligne ce polyglotte qui maîtrise couramment l’italien, le français, l’anglais et l’espagnol.

Présent dans 54 pays

L’histoire commence au début des années 2000. Eco-Compteur lance ses premiers compteurs de piétons sur la Côte de Granit Rose pour évaluer la fréquentation touristique du site. Puis en 2006, elle se diversifie en rachetant le Brevet d’Etat d’un compteur de vélos, qu’elle adapte et améliore. Mais, « le premier tournant, ça a été en 2008 quand la ville de Paris a lancé ses vélos en libre-service. Il y a eu un retentissement énorme et une prise de conscience qu’on pouvait axer en partie les politiques publiques sur les mobilités douces. L’année suivante, on a connu une explosion de notre activité », relate Durbano. Paris, Nantes, Lyon, Bordeaux, Strasbourg…, la PME bretonne équipe les plus grandes métropoles hexagonales. Et surtout inonde le monde de ses compteurs de piétons et cyclistes. De Singapour et Sydney, à New-York, San Francisco, Montréal, Sao Paulo, en passant par Shanghai, Londres, Milan… « Aujourd’hui, nous sommes implantés dans 54 pays, y compris en Israël, aux Emirats Arabes, au Qatar… et 75% de notre chiffre d’affaire est réalisé à l’export », précise le directeur de la référence dans l’évaluation des flux de mobilités douces.

Légitimer les politiques de mobilité douce

Centre-ville, vélo-routes, voies vertes, parcs naturels, sentiers de randonnées, jardins publics… Eco-Compteur balise tout type de zone piétonne et cyclable. « On est même sollicités pour évaluer les nouvelles pratiques de sport nature, comme les parcours VTT par exemple. Les villes côtières ou de montagne veulent également mesurer leur fréquence touristique qui explose l’été. » Essentielles pour analyser et comprendre les flux piétonniers et cyclistes, les Eco-compteurs permettent de connaître précisément la fréquentation d’un site touristique ou d’un aménagement de mobilité douce, son type d’usage et surtout jauger de son utilité et de son bon emplacement. « Les collectivités publiques cherchent à savoir si leurs politiques de mobilités douces sont efficaces. Si les infrastructures, les aménagements dans lesquels elles ont investi fonctionnent et progressent. Et si ce n’est pas le cas, comprendre pourquoi », détaille Durbano. Eco-Compteur permet surtout de légitimer un budget dédié aux mobilités douces voire d’en débloquer de nouveaux, avec des preuves chiffrées irréfutables. « Une fois que les collectivités ont récupéré et ont accès aux données de nos compteurs, elles en deviennent addict. Ça leur donne même envie d’en implanter à d’autres endroits, soutient le directeur général de la PME. Nos chiffres sont pour elles un formidable outil de communication. »

L’innovation, la clé du succès

Avec « 15% de croissance annuelle sur les quatre dernières années », la pépite technologique bretonne ne cesse d’innover pour se maintenir en haut de l’affiche. 15% de son chiffre d’affaire est ainsi réinvesti chaque année en Recherche et Développement. Si son cœur de métier reste les mobilités douces, certains de ses compteurs sont désormais capables de différencier les types de véhicules sur les zones partagées en centre-ville. A partir du deuxième semestre de l’année, l’entreprise va également lancer sur le marché un nouveau compteur destiné au comptage des trottinettes. Quanteo, le groupe auquel la société lannionnaise est désormais rattachée, a lui aussi décidé d’étoffer son activité puisqu’il a racheté en 2016, Quantaflow, spécialiste du comptage de piétons dans les centres commerciaux.

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