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Héloïse Poëy-Noguez fait rimer mobilité et solidarité

04.05.2019
heloise-poey-noguez

En décembre 2017, la jeune entrepreneuse a lancé SoliMobi. Une application web qui met en relation les personnes qui ne veulent pas se déplacer seules. Le but : créer du lien social, réduire l’insécurité et encourager l’écomobilité.

Mobilité et solidarité sont dans l’ADN d’Héloïse Poëy-Noguez. Férue de voyages et de nouvelles rencontres, cette Parisienne de 31 ans au large sourire, a grandi sur l’île de Saint-Martin, aux Antilles. En 2005 cette « citoyenne du monde » rentre à Paris et le contraste est dur à vivre. La chaleur humaine et le lien social qui ont bercé son adolescence lui paraissent envolés.

Une agression à la base de SoliMobi

Agent d’escale pour Air France, vendeuse, standardiste… Elle écume les petits boulots, avant de reprendre des études de marketing-communication et de trouver enfin sa voie. Mais en février 2016, la lecture d’un article relatant l’agression sexuelle d’une femme dans le RER, sans que personne n’intervienne, agit sur elle comme un électrochoc. « Ça faisait suite aux attentats de novembre 2015 à Paris où l’on parlait beaucoup de solidarité et je me suis dit : ‘’Il faut faire quelque chose. C’était aussi le boom de l’économie collaborative. On partageait un repas, un logement, une voiture… alors je me suis dit pourquoi ne pas partager un trajet en transport en commun ou une sortie à pied ou à vélo ? ». L’idée de SoliMobi (contraction de Solidarité et Mobilité) est née et son application web, développée pour un affichage optimal sur mobiles, lancée fin décembre 2017.

Un Blablacar version copiétonnage solidaire

Le concept ? Le même que Blablacar mais version copiétonnage. Après s’être inscrit gratuitement et avoir créé son profil, le « SoliMobeur » indique ou recherche l’itinéraire qu’il souhaite parcourir, un horaire et un mode de déplacement privilégié (marche à pied, vélo, trottinette ou transports en commun). Le site se charge ensuite de le mettre en relation avec un ou plusieurs autres membres de la communauté. Pour affiner son choix, on peut renseigner le motif de son déplacement, son âge, son sexe et ses centres d’intérêt. 

Footings ou sorties à vélo en groupes, découverte d’une ville où l’on vient d’emménager, parents qui emmènent leurs enfants à leurs activités extra-scolaires, trajet en transport en commun pour se rendre au travail, personne âgée qui a peur de se déplacer seule… les motifs pour partager un trajet ou une sortie sont nombreux.

Favoriser la mobilité inclusive à travers les mobilités douces

SoliMobi, agréée entreprise de l’économie sociale et solidaire, se place comme un formidable vecteur de mobilité inclusive à travers les mobilités douces. « On est un facilitateur de mobilités et un accélérateur de lien social », résume Héloïse Poey-Noguez. « L’objectif c’est de se réapproprier l’espace public, favoriser les rencontres et l’activité sportive, égayer et rendre plus sûrs ses trajets, tout en respectant l’environnement. »

Aujourd’hui la plateforme de mobilité solidaire compte plus de 2250 utilisateurs. Une centaine de trajets récurrents par mois sont partagés par les « SoliMobeurs » en Ile-de-France, principalement en Seine Saint-Denis. L’application est utilisée à 75% par des femmes. « Mais je n’ai pas envie d’être résumée à un service pour les femmes en banlieue affirme la jeune femme au dynamisme contagieux qui a pourtant remporté le BGE Talents des Cités en 2017 et obtenu le label « Sexisme pas notre genre ».

Destinée aussi aux plans de mobilités des entreprises

Le service proposé par l’application s’adresse également aux salariés des entreprises. C’est d’ailleurs la base de son financement : proposer des contrats aux entreprises et aux collectivités publiques qui permettent d’offrir un usage gratuit aux particuliers. SoliMobi contribue d’ailleurs à enrichir les plans de mobilité d’entreprises, devenus obligatoires pour les entités de plus de 100 salariés. Quand on sait qu’en Ile-de-France, un salarié consacre en moyenne 68 minutes par jour pour se rendre à son travail et en revenir, pourquoi ne pas le faire entre collègues ? Les avantages sont nombreux : « favoriser la détente, l’esprit d’équipe et égayer ses trajets » souligne la fondatrice de SoliMobi, qui grâce à sa jeune société se sent vraiment utile. « Si, à ma petite échelle, je peux contribuer à freiner le réchauffement climatique, recréer du lien social et faire en sorte que les personnes se sentent plus en sécurité, ça me ravit. »

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