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Manon Molins, data girl au service de la mobilité

03.06.2019
manon molins self data

Militante du Self Data, Manon Molins copilote le projet MesInfos-Self Data Territorial en partenariat avec la ville de la Rochelle. L’objectif ? Améliorer la mobilité des citoyens grâce au partage de leurs données personnelles.

Son activité ne vous dit certainement rien mais d’ici quelques années elle pourrait bien être la clé pour améliorer notre quotidien en ville. Manon Molins est « une spécialiste des données personnelles numériques » ou plus communément du Self Data. C’est-à-dire la récupération et la réutilisation des données personnelles par et pour les individus. De quelles données s’agit-il ? Celles que nous disséminons chaque jour sur les réseaux sociaux, en tant qu’administré d’une collectivité publique ou comme client d’une entreprise. « L’idée du Self Data, c’est de permettre aux individus de devenir maîtres de leurs données personnelles et de rééquilibrer la balance entre les organisations publiques et privées et les individus » explique la dynamique jeune femme de 28 ans. « Si les organisations se servent de ces données pour faire du marketing ciblé ou les vendre… il faut que les individus puissent eux aussi en tirer des usages pour prendre de meilleures décisions dans leur quotidien, en termes de mobilité par exemple. Ces données doivent servir à mettre des applications et des services à disposition de tous. »

Self Data Territorial : améliorer la mobilité à la Rochelle

Après une formation en Economie et Sciences Politiques à la Sorbonne puis en Ingénierie de l’Information au Cnam, Manon Molins entre en 2014 à la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), un think tank créé en 2000 qui regroupe 250 membres allant des grandes entreprises aux start-ups, des laboratoires de recherche et des universités aux collectivités territoriales en passant par des associations… Son but : échanger et proposer des solutions « pour créer un numérique qui ait de la valeur pour tous ».

Salariée de ce réseau, elle se voit confier et piloter la démarche MesInfos puis le projet Self Data Territorial. Lancé en septembre 2018, en partenariat avec la ville de La Rochelle et la Fabrique des Mobilités de l’ADEME, un volet consiste à améliorer la mobilité durable des citoyens et leur empreinte carbone, grâce au Self Data.

Prendre de meilleures décisions

Nos déplacements et même la géolocalisation de notre smartphone génèrent au quotidien une grande quantité de données détenues par des acteurs privés (Uber, Waze, Blablacar, constructeurs automobiles, assureurs, opérateurs téléphoniques…) ou publics (opérateurs de transport, parkings…). Le but du projet Self Data Territorial rochelais est de permettre à chaque citoyen d’accéder à ses données. L’idée est de connaître par exemple l’argent investi et le temps passé dans les différents modes de déplacements : transports en commun, vélo en libre en service, voiture en autopartage et même en stationnement.

Une fois ces données de mobilité collectées, le principe est de les croiser avec d’autres types de données : économiques, de santé, écologiques… pour que les Rochelais puissent ainsi mieux maîtriser leurs choix. Et trouver des réponses à des questions comme : l’offre multimodale existante me permet-elle de ne pas racheter de voiture ? Quelle est l’assurance qui correspond le mieux à mon profil ? Est-ce plus économique et avantageux pour moi de prendre un abonnement aux transports publics ou d’acheter des tickets à l’unité ? Un précieux outil d’aide à la décision qui permettrait dans le même temps de calculer notre empreinte carbone pour tenter de la réduire ou de repenser l’offre de mobilité sur le territoire pour la rendre plus inclusive et plus efficiente.

Créer la mobilité de demain avec le Self Data

En décidant de partager ses données personnelles avec sa ville, le citoyen contribue à un usage plus collectif des data. C’est un précieux complément aux enquêtes de déplacements -longues et coûteuses- qui sont réalisées tous les 10 ans seulement. « Le partage des données de géolocalisation, de transports en commun, trajets en voiture… permet d’obtenir des indications bien plus précises et à jour sur la réalité des usages des individus », appuie Manon Molins. Cet effort collectif pourrait entre autres conduire à une meilleure compréhension de l’évolution de la qualité de l’air, permettre la mise en commun de polices d’assurances de véhicules… tandis que bien d’autres innovations restent à imaginer. En mettant en commun leurs données, les villes et ses habitants pourraient donner naissance à une politique publique plus collaborative pour améliorer ensemble le quotidien et la mobilité des citoyens.

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