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Olivier Schneider, le chevalier à bicyclette

25.01.2019
Olivier Schneider FUB

Président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), Olivier Schneider a été un des grands artisans du Plan Vélo lancé par le gouvernement français.

Comme tout bon héros de cape et d’épée, Olivier Schneider a lui aussi sa botte secrète. Un vélo pliant qu’il emporte partout et avec lequel il sillonne les Ministères, l’Assemblée Nationale, les congrès et les colloques… « Il me sert de carte de visite. Si on veut marquer les esprits, il faut savoir se démarquer. Ça fait partie de mon personnage », confesse, rieur, ce Don Quichotte du vélo.  Visage bonhomme dissimulé derrière une barbe de trois jours, regard bleu vif et malicieux, ce conseiller en mobilité durable pour l’ONU âgé de 36 ans est, depuis trois ans et demi, le président de la FUB. Fondée en 1980, c’est la figure de proue d’un réseau de 292 associations locales qui font la promotion du vélo comme mode de déplacement au quotidien, accessible, bon marché et sous-exploité. Un lobbying actif, qui a largement contribué à l’avènement du Plan Vélo le 14 septembre dernier. D’ailleurs toutes les propositions soumises par la FUB ont été reprises par le gouvernement.

350 millions pour le Plan Vélo

Avec la création d’un fonds de 350 millions d’euros sur sept ans (50 millions par an) pour financer des infrastructures, ce plan interministériel est « une bascule car jusqu’à présent il n’y avait jamais eu de budget débloqué. Les plans précédents étaient juste des listes d’intentions ». Ce plan englobe notamment : la création d’une indemnité vélo forfaitaire prise en charge par l’entreprise pouvant aller jusqu’à 400 euros ; la mise en place d’un plan de lutte contre le vol et le recel ; et enfin, le développement d’une culture vélo, avec un apprentissage systématisé de la mobilité à vélo à l’école primaire. « C’est de loin le plus important, certifie le Brestois d’adoption, marié et père de deux adolescents, qui véhicule régulièrement sa femme malvoyante à l’avant de son vélo cargo. Le jour où on y croit tous, c’est gagné. Il faut réussir à convaincre les parents que leurs enfants seront en meilleure santé, les employeurs que cela fait 15% d’arrêts maladie en moins, les salariés qu’ils vont gagner du pouvoir d’achat… »

Un lobbying payant

Pour remporter ce combat, Olivier Schneider s’y est consacré « sept jours sur sept pendant deux ans » en usant de tous les ressorts possibles. Avec un changement radical de positionnement. « On parle au nom des citoyens en étant porteurs de propositions concrètes à tout un tas de problèmes de société. » Le message passe car selon l’enquête Parlons-Vélo lancée par la FUB, 80% des Français veulent donner plus de place au vélo en ville. Même s’il ne représente que 2,7 % des modes de transport aujourd’hui.

Face aux réticences de Bercy à débloquer un budget, l’association met la pression en envoyant 100 000 cartes postales au Président de la République, au Premier Ministre, aux députés, aux sénateurs… Le porte-parole de la bicyclette, « joue au même jeu que les lobbyistes. Sauf que je m’interdis de mentir et que j’estime que mon action va dans l’intérêt général. » Un goût pour l’intrigue, la persuasion et les jeux de pouvoirs, hérité sans doute de parents fonctionnaires rattachés au service culturel des ambassades.

Le VRP du vélo

Rien ne prédestinait pourtant ce polyglotte d’origine polonaise à embrasser la cause vélocipédique. Mais alors qu’il est informaticien chez Bretagne Telecom, à Brest, sa voiture tombe en panne. Coût de la réparation : 2000 euros. Asthmatique, Olivier se résout à se rendre à vélo au travail et il en bave. Il décide donc d’investir dans un vélo électrique. « C’était une réponse peu onéreuse et rationnelle. Et je me suis aussi rendu compte que mon asthme augmentait si je ne roulais pas. J’ai trouvé ça très agréable et je me suis dit qu’il fallait l’expliquer à tout le monde ». En 2009, il devient donc militant au sein de l’association Brest à Pied à Vélo et en parallèle, intègre la FUB avant d’en être élu président (2015).

Et Olivier Schneider ne compte pas mettre pied à terre de sitôt. Les élections municipales de 2020 sont la prochaine étape importante dans son agenda : « Mon but c’est que le vélo soit un sujet. Je parie qu’il y aura de la surenchère entre les candidats en faveur de l’accessibilité du vélo à tous. Et pas que dans les grandes villes, ça va nous surprendre », prévient, jamais rassasié, le VRP de la bicyclette.

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