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Le retour du transport fluvial pour désengorger les villes

mobilité fluviale

Livraison de marchandises, taxis aquatiques, transports publics… le transport fluvial revient au premier plan des initiatives pour améliorer la mobilité au cœur des villes.

En déclin depuis les années 1970 au profit du transport ferroviaire ou routier plus rapides, les fleuves et canaux qui jalonnent les villes ont à nouveau le vent en poupe. Il faut dire que la mobilité fluviale présente de sérieux avantages. En premier lieu des espaces de circulation existants, qui permettent de désengorger les centres-villes de leur trafic routier sans investir dans de nouvelles infrastructures. Viennent ensuite la fin des retards causés par les embouteillages, inexistants sur les voies d’eau. Enfin, le respect de l’environnement est très valorisé à la fois par les villes et les entreprises. Le transport fluvial est en effet cinq fois moins polluant que le transport terrestre.

SeaBubbles, un taxi volant aquatique

Face ce constat, les initiatives fleurissent. A commencer par le SeaBubbles, un « taxi volant flottant ». Ce bateau électrique de cinq places peut atteindre 28km/h. Il navigue sur deux grandes dérives qui lui permettent de se déplacer au-dessus de l’eau de façon silencieuse sans créer ni vagues ni pollution. Déjà testé sur la Seine, le Lac Léman et dans la baie de Miami, l’exploitation commerciale de ce taxi aquatique est attendue pour le printemps 2020 en Ile-de-France tandis que la ville américaine aurait déjà commandé 26 engins.

Uber Boat et navettes publiques

En février dernier, à Bombay, Uber lançait son Uber Boat. Des navettes pouvant transporter de 6 à 10 personnes qui permettent de se déplacer entre trois destinations sur le front de mer de la ville indienne. Un service qu’il teste actuellement à Lagos au Nigéria sur des bateaux pouvant contenir 35 personnes. Car selon l’Université de Lagos, la mise en place des services sur voies navigables a permis de réduire la durée moyenne des trajets routiers de la ville de 46%. Les navettes fluviales publiques ne sont pas en reste. Celle de New-York, au prix aussi abordable qu’un trajet de métro, a ainsi été victime de son succès. Lors de sa mise à flots en 2017, on prévoyait une fréquentation annuelle de 4,5 millions de personnes. Six mois plus tard, l’augmentation continue de passagers l’a fait doubler avec 9 millions d’utilisateurs annuels. La fréquentation du bus fluvial de Londres, qui dessert 33 arrêts le long de la Tamise reliés aux principales stations de métro, augmente aussi chaque année. Son opérateur projette d’ajouter un 18e catamaran à sa flotte pour accueillir 300 000 passagers supplémentaires par an.

La livraison aussi passe au fluvial

Le transport fluvial séduit aussi les entreprises soucieuses d’affréter plus vite leurs marchandises au cœur des villes. Depuis 2012, Franprix livre ainsi ses magasins parisiens depuis sa plateforme fluviale située sur la Seine. Avec Fludis, Ikea envisage d’effectuer la préparation de ses colis et autres opérations de logistique sur le bateau pendant la durée de l’acheminement fluvial jusqu’à Paris depuis son entrepôt de Gennevilliers. Une fois à quai, plusieurs triporteurs électriques partiront livrer les particuliers et reviendront à bord avant de rejoindre le dépôt, sur l’eau. Toujours à Paris, le projet Green Deliriver devrait aussi voir le jour en 2020. L’idée : les colis seront acheminés dans Paris depuis un entrepôt flottant tandis que les déchets urbains de la ville seront évacués en sens inverse.

L’appel du large

Dans la veine du slow tourisme, le tourisme fluvial est en pleine croissance.  A Paris, depuis septembre 2018, le « Ducasse sur Seine », un bateau-restaurant à propulsion électrique transporte 180 personnes durant trois heures le temps d’un voyage culinaire. En 2018 en France, le tourisme fluvial a augmenté de 5%, atteignant 18 millions de passagers. La mobilité fluviale semble avoir de beaux jours devant elle.

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