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Les applications de mobilité au défi des grèves de transports

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Elles s’appellent Google Maps, Apple Plans, Mappy, Citymapper, Uber ou Moovit. En temps normal, elles sont le meilleur allié de l’usager des transports en commun. Mais en temps de grève, les choses se compliquent. Comment les applications de mobilité s’adaptent-elles ? Quelles sont celles qui sont plébiscitées par les utilisateurs ? 

Comme tous les matins de grève, Camille dégaine son smartphone : comment se rendre au travail le plus facilement possible ? Pour un trajet en métro, son application favorite affiche la fréquence d’un jour « normal ». Pourtant, quand elle arrive sur le quai, pas de métro. Une situation à laquelle ont été confrontés de nombreux utilisateurs d’applications comme Google Maps ou Apple Plans depuis le début du mouvement social en France. 

Des données non mises à jour

Comment les éditeurs prennent-ils en compte les perturbations dans leur calculs d’itinéraires ? Métro, bus, tramways, RER etc… dans la région Ile-de-France, toutes ces applications ont en fait recours aux données en open data d’Ile-de-France Mobilités. Autres sources d’information : les cartes satellites ou encore les données fournies par les utilisateurs de smartphone ou de GPS eux-mêmes. A partir de ces éléments, chaque éditeur utilise son propre algorithme pour calculer l’itinéraire le plus rapide. Mais les données fournies par Ile-de-France Mobilités ne sont pas systématiquement mises à jour. 

Détailler les perturbations de circulation avec humour

Certaines applications semblent cependant s’être mieux adaptées à la grève que d’autres. Citymapper, par exemple, a pris le parti d’en rire. Chaque jour un bulletin détaille les conditions de circulation sur chaque ligne de métro. Avec un petit texte humoristique. Le 20 janvier, les usagers pouvaient lire par exemple : « J’en suis où j’en suis, malgré cette grève de malheur. J’suis trop en avance grâce à Citymapper ». Sa force réside aussi dans la diversité des solutions de transport proposées. Transports en commun mais aussi scooters électriques, vélos ou trottinettes, Citymapper a noué des partenariats avec 16 marques de cinq modes de transport différents à Paris. Fondée il y a 9 ans par un ancien de Google, Citymapper est aujourd’hui 4e dans le classement des applications de transport les plus téléchargées sur iPhone.

Les applis de covoiturage grandes gagnantes des grèves

Autre solution plébiscitée par les usagers en temps de grève : miser sur le covoiturage. C’est le constat effectué par APP Annie, une société américaine de mesure d’audience, qui a réalisé une enquête comparant les téléchargements une semaine avant et pendant le mouvement social. Blablacar est ainsi passée de la 8e à la 2e position dans le classement des applications les plus téléchargées sur iOS comme sur Google Play. En 2018, déjà à l’occasion d’une grève, Blablacar avait lancé BlaBlaLines, son application de covoiturage dédiée aux trajets domicile-travail. Un an plus tard, un partenariat est signé avec Ile-de-France Mobilités. Pendant le mouvement social, les trajets franciliens sont offerts pour les passagers. Chaque conducteur, lui, se voit récompensé au minimum de 2 euros par trajet s’il covoiture. Aujourd’hui, BlaBlaLines revendique 900.000 utilisateurs. Même « effet grève » pour Karos, autre application de covoiturage spécialisée dans les courtes distances, qui fait son entrée dans le top 10, à la 9e place. Le nombre de ses utilisateurs a été multiplié par trois en quelques jours. 

Explosion de l’activité des applis pour vélos

Pour échapper aux bouchons, les automobilistes misent aussi sur le collaboratif. Waze s’est hissée en tête du classement des applications téléchargées lors de la grève. Ce GPS repose sur la participation des utilisateurs pour signaler ralentissements, barrages routiers et embouteillages. A l’inverse, Google Maps, classée 2e avant la grève, chute à la 6e place. Mais pour les cours trajets, la meilleure solution reste de laisser sa voiture au garage et d’enfourcher son vélo. L’application Géovélo propose plusieurs itinéraires pour un même trajet, en prenant en compte la durée mais aussi la sécurité des cyclistes. Le 5 décembre dernier, l’application a vu son activité exploser partout en France : de +100% à +180% à Bordeaux, Toulouse, Nantes ou encore Rennes. Deux semaines après le début de la grève, le nombre de kilomètres parcourus à vélo par ses utilisateurs parisiens avait augmenté de 223%. 

Et pour se tenir au courant des mouvements sociaux et de leur impact sur le trafic, une nouvelle application a vu le jour : « C’est la grève », disponible sur iOS et Android. Elle permet aux utilisateurs de connaitre les grèves à venir, la région et les entreprises concernées et leur impact sur le trafic.

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