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Les stations de sports d’hiver s’engagent dans la mobilité douce

Difficultés d’accès, embouteillages, pollution, détérioration du patrimoine naturel… Les stations de sports d’hiver redoublent de créativité pour faire face au défi de la mobilité.

Chaque année, de fin novembre jusqu’à mi-avril, la même scène se répète à l’approche des domaines skiables : des kilomètres de voitures en file indienne, obligées de patienter des heures pour accéder aux stations. Avec des capacités limitées en termes de places de parking et de routes d’accès, les stations de ski tentent depuis plusieurs années de mettre en place des alternatives à la voiture afin de faciliter la mobilité des vacanciers et réduire l’impact de leur venue sur l’environnement.

Trains au pied des pistes et covoiturage spécialisé

« Les clients nous disent souvent que ce nest pas forcément le prix des vacances au ski qui est bloquant, mais le fait que ce soit trop compliqué pour se rendre dans les stations », explique Laurent Vaucher, directeur de Téléverbier, qui gère l’exploitation de la station suisse Verbier. Cette dernière a donc inauguré, le 23 décembre, un train de 300 places qui relie, tous les week-ends, l’aéroport de Genève au Châble, le village en contrebas de la station. Le but : amener les skieurs du quai jusqu’au bas des pistes, en leur évitant les problèmes de trafic, de congestion et de stress, tout en leur faisant gagner du temps. En Suisse, le train est une option de plus en plus prisée. La station de Leysin a par exemple décidé de déplacer sa gare au pied de ses pistes. Celle de Fiesch au pied de sa télécabine. Autre alternative : le covoiturage. Le site Skivoiturage est ainsi spécialisé dans les déplacements pour se rendre au ski tandis que Blablacar, le leader du marché, a noué de nombreux partenariats avec les stations. Celui d’Ax 3 Domaines en Ariège par exemple offre à tout utilisateur venu en voiture avec trois autres personnes, une réduction de 10% sur les forfaits et une place réservée sur le parking au pied des pistes.

Réduire les émissions de CO2

Face aux difficultés d’accès aux stations, à la raréfaction du foncier et aux contraintes climatiques, les stations misent beaucoup sur les transports collectifs. Car selon le réseau Domaines Skiables de France, « 57% des émissions de gaz à effet de serre dune station de montagne sont liées au transport des vacanciers depuis leur lieu de résidence jusqu’à la station. » Les mobilités douces et la mobilité électrique sont donc en vogue. Et peuvent, pour les stations, favoriser l’obtention du label Flocon Vert. L’équivalent du Pavillon Bleu pour les villes littorales, qui garantit et valorise la politique de développement durable des destinations touristiques de montagne.

Les téléphériques fleurissent désormais à dos de montagne. Dans les Pyrénées, depuis août dernier, le « Skyvall » relie directement la vallée de Louron et la station de Peyragudes. Une télécabine de trois kilomètres de liaison, avec un dénivelé de 700 mètres, parcourus en moins de 9 minutes, qui peut transporter 800 personnes par heure. Une installation qui a supprimé 89 000 trajets automobiles en moins d’un an et 274 tonnes de CO2. Depuis la commune d’Allemont, vous pourrez aussi bientôt rejoindre en seulement 8 minutes, le pied des pistes d’Oz-en-Oisanz, via un ascenseur valléen, qui transportera 1100 skieurs à l’heure.

Téléphériques, navettes autonomes, E-Bike

L’utilisation de véhicules électriques est aussi en plein boom. Valberg a lancé « Auto-Valberg », 10 véhicules en autopartage pour fluidifier la circulation, qui permettent d’éviter l’émission de 13,5 tonnes de CO2 par an[VB-J1][jc2] . Le prix ? 6€ la journée et 60€ la saison. Les Deux Alpes et Val Thorens ont elles investi dans des navettes autonomes (électriques et sans chauffeurs). Allant jusqu’à 25 km/h et d’une autonomie de 8 heures, elles peuvent transporter 11 passagers assis et 4 debout et sont adaptées aux personnes à mobilité réduite. Mais surtout, elles sont pour la première fois dotées de 4 roues motrices et équipées de pneus neige, qui leur permettent d’affronter montées et descentes sur des pentes enneigées de 20% de dénivelé.

La mobilité sur les pistes

Autre moyen de transport doux en vogue en montagne : le vélo électrique. Verbier s’est ainsi dotée d’une centaine d’E-Bike. Equipés de gros pneus ou de petites chaînes, ils permettent aux vacanciers de rejoindre la station depuis la vallée. Aux Gets, c’est le projet « Getslib » qui a vu le jour : des vélos en libre-service adaptés à la montagne, à 1€ les 30 minutes. A Courchevel et aux Deux Alpes, les gyropodes Segway, dotés de pneus neige sont – contrairement aux motoneiges – silencieux, non polluants et très prisés notamment pour une balade d’après ski. Et la mobilité s’invite jusque sur les pistes. Puisqu’à Val Thorens, le système Skiflux, sorte de Bison Futé des pistes, permet de mesurer les flux de skieurs et de connaître en temps réel l’état du trafic sur les pistes. Idéal pour les skieurs qui souhaitent éviter les secteurs saturés. Comme pour le service des pistes qui peut anticiper le damage et/ou la production de neige artificielle en fonction de la fréquentation.

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