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Logistique : comment le Big Data libère la mobilité

La digitalisation des entreprises logistiques est lancée, avec à la clé une promesse d’efficacité et de rentabilité mais aussi celle d’un moindre impact sur l’environnement. Big Data, réalité augmentée… bienvenue dans l’ère de la logistique 4.0 

Plus qu’un lieu de stockage, nos entrepôts sont devenus une mine de données à analyser. Ils sont désormais truffés de capteurs, permettant par exemple de connaitre en temps réel l’état des stocks et donc de réaliser l’inventaire, sans stopper l’activité. Dans ceux du Chinois Alibaba, des véhicules à guidage automatique reçoivent directement les commandes et vont récupérer les produits à livrer. Chaque robot est équipé de capteurs pour éviter les accrochages avec ses congénères. Et quand la batterie est à plat, le droïde se dirige de lui-même vers sa station de charge. Efficacité et productivité auraient été multipliées par trois depuis le recrutement de ces préparateurs de commande du futur.La logistique 4.0 permet ainsi d’optimiser la gestion des entrepôts, avec un impact considérable sur la livraison à venir en réduisant les temps de chargement des camions. 

Des camions connectés

Les véhicules de livraison, de plus en plus équipés de capteurs, émettent en temps réel des informations. Les chauffeurs poids lourd sont eux aussi « augmentés » par la technologie. Leurs itinéraires sont calculés en fonction des conditions météorologiques, du parcours et de l’état du trafic. Les tournées sont optimisées et la consommation de carburant réduite de 4%. Pour les transporteurs, l’avènement du camion connecté permet surtout de connaitre en temps réel l’état de la flotte, grâce à la mise en place du télédiagnostic continu. Les constructeurs proposent désormais des contrats de maintenance prédictive. Grâce aux informations récoltées et aux algorithmes prédictifs, le service après vente peut par exemple planifier au mieux les révisions des camions et éviter la panne.

L’algorithme pour diminuer les coûts

L’arrivée du Big Data a également permis aux transporteurs d’être plus compétitifs.   Ludovic Cousin, consultant en logistique, développe actuellement un outil qui permettra aux transporteurs de proposer un devis au plus juste prix : « Quand mon client reçoit une demande de transport, on analyse tous les montants qui ont été donnés pour ce même type de demande, on prend ensuite en compte des critères comme la météo, le trafic… Ces données vont nous permettre en quelques secondes de calculer un devis ». Le transporteur peut ainsi proposer une offre plus rapidement et a donc plus de chance de remporter le marché. 

Le modèle Amazon

En matière de logistique et transport 4.0 le modèle mondial reste Amazon. Le géant américain l’a bien compris, pour se démarquer et devenir incontournable dans le e-commerce, la fiabilité de la livraison est capitale. Pour garantir des délais imbattables et trouver le meilleur transporteur pour livrer ses colis, Amazon mise sur ses algorithmes. Lieu de livraison, type de produit, urgence de la livraison… Autant de facteurs qui jouent sur le prix. « La vraie force d’Amazon, c’est qu’ils contrôlent tous les maillons de leur chaine logistique. Ils ont déjà toutes les données sur les objets à livrer avant même de commencer le transport », explique Ludovic Cousin. Amazon prend de plus en plus en charge la livraison des produits qu’il vend. Il s’est lancé dans le fret maritime entre l’Asie et les Etats Unis et inaugurera bientôt son propre aéroport dans le Kentucky. Pour répondre aux mieux aux attentes de ses clients, l’entreprise développe aussi des solutions innovantes : bientôt, l’acheteur pourra recevoir son paquet dans le coffre de sa voiture ou chez lui, en son absence. 

Gérer les retours

Mais avec l’explosion du e-commerce, les entreprises sont confrontées à un problème : les retours de produits qui ne satisfont pas les clients. Plus de 50% des objets commandés en Europe font l’objet d’un retour. Or cette logistique inverse coûte cher. Là encore, le Big Data a trouvé une solution. Dès 2008, Zalando, leader en Europe du prêt à porter en ligne, propose la gratuité des frais de retour. Grâce aux données issues de ses ventes et à leur analyse, l’entreprise est capable de prédire la zone géographique où le produit renvoyé a le plus de chance d’être revendu. Il est donc réexpédié vers une plateforme située dans cette zone et donc plus rapidement recommercialisé.

Impact sur l’environnement

Avec le développement du véhicule autonome, le transport 4.0 se veut aussi plus vert : meilleure utilisation du moteur, meilleures trajectoires… En 2016, à l’occasion du « European Truck Platooning Challenge », six convois de camions autonomes ont parcouru les routes européennes. Résultat : 10% de carburant consommé en moins, grâce à une conduite « intelligente ».  Pourtant l’avènement du Big Data ne rime pas forcément avec réduction du bilan carbone du secteur. « Il a surtout permis de développer le marché de la logistique. Je pense même que l’impact sur l’environnement est négatif », tempère Cousin. Selon Axios, le développement d’offres de livraison ultra-rapide comme Amazon Prime aurait fait grimper en flèche les émissions de gaz à effet de serre et généré l’équivalent de la pollution émise par 7 millions de voitures. 

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