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Quel avenir pour les livraisons en ville ?

Nos villes croulent sous les colis. Camions, fourgons et autres véhicules de livraison… Selon l’ADEME, le transport de marchandises en ville occupe 30% de la voirie. Une réalité vouée à s’amplifier, non sans entraîner son lot de nuisances: bruit, pollution, embouteillages. Un peu partout, des solutions émergent pour livrer la ville tout en la délivrant.

C’est le paradoxe du citadin. Nous avons de plus en plus recours à la livraison en recevant à domicile, notre dîner, nos courses, nos lectures, nos vêtements… Mais qui n’a jamais pesté contre les fourgons arrêtés en double-file aux heures de pointe ? Car nos nouvelles habitudes d’achat en ligne favorisent ces désagréments. Pour limiter l’impact de la distribution, les villes cherchent des solutions. L’objectif : fluidifier le trafic et réduire l’impact sur l’environnement.

Limiter le trafic des livraisons

A Paris, seuls les véhicules propres de moins de 29 m² sont autorisés à livrer leur marchandise quand ils le souhaitent. A Strasbourg, les véhicules de livraison diesel seront interdits d’accès à l’hyper-centre à partir de 2021. La ville s’est même fixée pour objectif d’atteindre 100% de livraisons en véhicules propres l’année suivante. Outre les vélos, des tricycles, Colibus électriques ou véhicules roulant au gaz naturel comprimé achemineront les marchandises jusqu’au centre de la capitale alsacienne. Puisque le dernier kilomètre s’avère le casse-tête des transporteurs, l’idée naît de ré-implanter des centres logistiques au cœur des villes. Dans le 18ème arrondissement de Paris, un quartier d’un nouveau genre est en train de voir le jour : Chapelle International. Conçu par SNCF Immobilier, il hébergera 45.000 m² dédiés à la logistique, intégrés à un ensemble d’espaces publics, de logements et de squares.

L’invasion des robots-livreurs

Pour réduire les nuisances liées au marché de la livraison, l’Etat français a mis sur pied, en mai 2018, le programme EVRA (Expérimentation du Véhicule Routier Autonome). Un appel à projets qui favorise entre autres le développement de robots-livreurs en milieu urbain. Selon le cabinet McKinsey, 80% des livraisons s’effectueront grâce à des moyens de locomotion autonomes, d’ici 2025. Le secteur privé n’a d’ailleurs pas attendu pour se lancer sur ce nouveau marché florissant.

Dès 2014, la start-up américaine Starship s’est lancée dans la livraison de nourriture et de colis via des robots urbains autonomes. Ses robots-roulant à six roues, équipés de petits coffres et capables de s’orienter eux-mêmes en évitant les obstacles sont déjà pleinement opérationnels notamment sur les campus des Etats de Californie et de Washington. En février dernier, Amazon a présenté Scout, un robot à six roues doté d’un coffre pour livrer tout type de commande aux citadins. FedEx, qui collabore déjà avec Pizza Hut ou encore Walmart, envisage aussi d’apporter une réponse au problème du dernier kilomètre avec SameDay Bot. Un engin capable de se déplacer sur les trottoirs à 16km/h tout en évitant les obstacles et qui peut même grimper des marches grâce à des capteurs intégrés.

Qui sonne à la porte ?

Si nous pouvons déjà nous faire livrer nos courses par des robots-livreurs, les obstacles de la rue ou l’accès aux appartements représentent le principal frein à l’essor des robots roulants. Agility Robotics pense pourtant avoir trouvé la parade avec le développement de son robot-livreur humanoïde : Digit. Un robot bipède, capable de monter les escaliers, d’ouvrir des portes et de porter des colis jusqu’à 18 kilos, qui pourrait être mis en service début 2020. Reste à savoir quels impacts aura cette déferlante de robots sur les trottoirs de nos villes ?

Le futur de la livraison passe aussi par les airs

Le drone présente de nombreux avantages : rapide, il n’a que faire des embouteillages et permet également de desservir les zones difficiles d’accès. Depuis deux ans, la capitale islandaise Reykjavik, située en bord de mer et dans une zone très découpée faite de criques, détroits et petites îles, expérimente ce mode de livraison par les airs. Car rallier l’autre bout de la ville impose souvent un grand détour. Grâce aux drones, la livraison ne dure désormais que 4 minutes au lieu des 25 habituelles en voiture, avec des machines capables de transporter des colis de 3 kilos dans un rayon de 10 kilomètres.

L’émergence de la livraison collaborative

Aussi appelée crowdshipping, ce mode de livraison partagé permet à des particuliers de transporter des colis pendant leurs trajets personnels. Il s’agit d’un service de particulier à particulier fonctionnant sur le même principe que Blabacar. Votre coffre est à moitié vide, votre banquette arrière inoccupée, vous avez de la place dans le panier de votre vélo ou dans votre valise avant de prendre le train… alors pourquoi ne pas transporter le colis d’un autre ? Du colis ultra-léger et peu encombrant au meuble volumineux, de nombreuses plateformes de transport collectif, comme Jwebi, Colisbree ou encore Cocolis, ont ainsi vu le jour ces dernières années. Un transport gagnant-gagnant qui permet des économies non négligeables par rapport aux coûts de livraison habituels.

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