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Redonner une place centrale à la marche à pied en ville

Les nouveaux modes de déplacements bousculent l’espace public.  En réaménageant les centres urbains en faveur de la marche à pied, les villes cherchent à redonner une place centrale aux piétons.

Entre terrasses de cafés, scooters, trottinettes et vélos en stationnement… Circuler sur ces trottoirs encombrés s’apparente souvent à un parcours du combattant pour les piétons. D’autant plus si vous êtes une personne à mobilité réduite ou que vous maniez une poussette. Or selon le Ministère de la transition écologique et solidaire, dans les grandes villes, 30% des déplacements se font à pied.

D’un mode à l’autre

Mode de transport universel, la marche nous permet de passer d’un mode de transport à l’autre : du train au tram, du bus au train etc. Or cette multimodalité harmonieuse est essentielle pour les villes, soucieuses d’offrir une mobilité plus durable. Les grandes métropoles ont ainsi fortement axé leurs plans de déplacements urbains sur la marche à pied.

Des panneaux de signalisation qui indiquent le temps nécessaire pour se rendre d’un point à un autre de la ville à pied, au réaménagement des quais du fleuve qui la traverse, en passant par l’élargissement des trottoirs jusqu’à la piétonnisation de tout l’hypercentre… L’objectif est que le piéton se réapproprie l’espace public. Sans compter l’attractivité touristique et commerciale qu’entraînent de tels aménagements. Ainsi, Paris prévoit d’ici 2024 de piétonniser et végétaliser le passage du Trocadéro à la Tour Eiffel. Autre projet encore à l’étude : la refonte en grande promenade urbaine d’une partie de l’axe qui va des Tuileries aux Champs-Elysées, en rendant la place de la Concorde en partie piétonne.

La loi du plus faible

Afin de favoriser une cohabitation harmonieuse entre les différents modes de déplacement, les villes privilégient également des zones de circulation multimodale, en donnant la priorité aux plus faibles, en l’occurrence, les piétons. C’est le cas avec l’accroissement des « zones de rencontres » ou « zones partagées » nées aux Pays-Bas et qui désormais fleurissent en Suisse, France, Belgique et Autriche. Dans cette zone limitée à 20km/h et autorisée aux voitures, transports publics, vélos, motos, skateboard, trottinettes etc., les piétons ont même le droit de circuler sur la chaussée. Conçues à la manière d’une cour pavée, les rues sans trottoirs ou « curbless streets » de Philadelphie sont elles aussi partagées. Selon une étude de la commission régionale d’aménagement de la Vallée du Delaware, cet aménagement incite à la prudence, réduit la vitesse et accroît la sécurité de tous. Elle rend également les déplacements plus efficaces et favorise la vitalité économique. Philadelphie semble d’ailleurs un véritable paradis pour piétons. La prédominance de rues étroites permet de ralentir le trafic et la vitesse. La suppression de feux tricolores à certains carrefours a ainsi réduit de 25 % les accidents sur les intersections concernées. Livrés à eux-mêmes, les usagers sont plus vigilants. Et lorsque les feux tricolores sont encore présents, la ville en réduit le temps d’attente pour les piétons.

La meilleure façon de marcher

Afin de promouvoir la marche à pied auprès des plus jeunes, le Danemark, les Etats-Unis et le Canada proposent des « autobus pédestre ». Le principe ? Un adulte, qui suit un trajet et des horaires prédéfinis, guide les enfants pour rentrer chez eux après l’école, en se tenant par la main. Une bonne manière de sensibiliser à la marche dès le plus jeune âge.

D’autres métropoles tentent d’améliorer le confort des piétons en proposant des parapluies, des poussettes ou des consignes pour y déposer ses colis encombrants. A Nancy, la mairie incite à marcher via une application mobile. Plus les habitants font de pas, plus cela leur rapporte de points qui leur offrent ensuite des réductions chez les commerçants partenaires. En, au Japon, la technologie se met aussi au service du piéton. A Kobe par exemple, des milliers d’étiquettes électroniques ont été installées dans la ville pour guider les piétons équipés de capteurs RFID.

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